Une avancée majeure vient d’être franchie sur la scène internationale. L’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution qualifiant la traite transatlantique des esclaves comme l’un des crimes les plus graves contre l’humanité.
Le vote, sans appel, témoigne d’un large soutien. 123 pays ont voté en faveur contre seulement 3 oppositions, tandis que 52 États se sont abstenus. Ce résultat illustre un consensus croissant autour de la nécessité de reconnaître pleinement l’ampleur historique et les conséquences durables de l’esclavage.
Portée notamment par le président ghanéen John Mahama, cette résolution marque une étape décisive. Elle vise à inscrire officiellement dans l’histoire des Nations unies le caractère criminel et systémique de la traite des Africains réduits en esclavage.
Dans une correspondance adressée à la secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères, la députée britannique Bell Ribeiro-Addy, présidente du groupe parlementaire sur les réparations africaines (APPG), a souligné que l’esclavage ne saurait être considéré comme un simple fait du passé. Selon elle, il s’agit d’un phénomène structurel ayant profondément façonné les économies, les sociétés et les relations raciales à l’échelle mondiale.
Le texte insiste sur le fait que les inégalités issues de cette période ne se sont pas arrêtées avec l’abolition. Elles continuent d’influencer les systèmes économiques et sociaux contemporains. La traite transatlantique est ainsi décrite comme la première grande entreprise industrielle mondiale, ayant généré d’immenses richesses pour certains pays au prix de souffrances humaines massives.
Au-delà de la reconnaissance, cette résolution pourrait ouvrir la voie à des discussions plus concrètes sur les réparations, la justice et la réconciliation. Elle s’inscrit dans un mouvement international croissant, soutenu notamment par l’Union africaine et les pays de la CARICOM.
Pour plusieurs observateurs, ce vote constitue un tournant. Il envoie un signal fort aux anciennes puissances impliquées, les appelant à assumer leur responsabilité historique et à s’engager dans un processus de réparation.
Cette adoption marque également une évolution des positions diplomatiques, notamment en Europe, où la question des réparations reste sensible. La pression politique et morale s’intensifie désormais sur les États qui hésitent encore à reconnaître pleinement leur rôle dans cette tragédie historique.
