L’Autorité nationale pour l’interdiction des armes chimiques (ANIAC-Togo) a commémoré ce jeudi le 29ᵉ anniversaire de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques. La cérémonie, placée sous le thème « Convention sur l’interdiction des armes chimiques », a réuni à Lomé un parterre d’acteurs clés. Objectif : rappeler que derrière des usages civils, certains produits chimiques deviennent de véritables armes de destruction massive et qu’une vigilance collective s’impose.
Autour de la table, l’ANIAC-Togo a mobilisé les maillons de la prévention notamment les agences spécialisées, institutions, partenaires et professionnels des médias ont pris part aux échanges. Ce front élargi traduit une conviction : la menace chimique est transversale et seule une réponse multifonctionnelle permet de la contenir, des ports d’entrée aux salles de rédaction.

Les experts ont d’abord clarifié les notions. Une arme chimique, c’est tout produit chimique toxique ou précurseur, ainsi que les munitions, dispositifs et autres équipements spécialement conçus pour les disséminer. Gaz suffocants, neurotoxiques, vésicants, agents incapacitants : sous toutes leurs formes, ces substances provoquent des détresses respiratoires aiguës, des brûlures, des lésions neurologiques et des effets sanitaires durables. Le critère dit « d’utilisation générale » est sans ambiguïté : tout produit chimique destiné est considéré comme une arme chimique, quelle que soit sa toxicité initiale.
Pour contrer ce fléau, la communauté internationale a adopté la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, signée à Paris le 13 janvier 1993 et entrée en vigueur le 29 avril 1997. 193 États y sont aujourd’hui parties. Son adoption répondait aux traumatismes des guerres mondiales et aux usages recensés au XXᵉ siècle, avec la volonté de bannir définitivement une catégorie entière d’armes. L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), créée par la Convention, veille à sa mise en œuvre.

La Convention repose sur quatre piliers indissociables. Premier pilier : la destruction. Chaque État partie doit détruire ses stocks et ses installations de fabrication.
Deuxième pilier : la non-prolifération. Les États s’engagent à ne jamais mettre au point, produire, acquérir, stocker ou employer d’armes chimiques, ni aider quiconque à le faire. Troisième pilier : l’assistance et la protection. En cas de menace ou d’emploi, les États victimes ont droit à une assistance. Quatrième pilier : la coopération internationale. La Convention encourage les usages pacifiques de la chimie à des fins médicales, industrielles, agricoles et de recherche, tout en instaurant un régime strict de déclarations et de vérifications par l’OIAC.
Le Professeur Koriko Moursalou, premier vice-président de l’ANIAC-Togo, représentant le président de l’institution, le Colonel Akpamoura Koffi, a salué la vision du Président du Conseil pour la création de l’ANIAC. « La chimie sera au cœur de la paix », a-t-il martelé, avant de prévenir : les défis restent nombreux et seule une action coordonnée garantira une prévention efficace.
Dans sa communication, le Dr Ninkabou Tchein, secrétaire permanent de l’ANIAC-Togo, est revenu sur l’historique de la Convention, les risques chimiques actuels et sa mise en œuvre au Togo. Retenir l’essentiel : la Convention vise à débarrasser le monde des armes chimiques, à empêcher leur réapparition, à porter assistance aux victimes et à promouvoir une chimie au service du développement.
