Le Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé a prononcé lundi 27 avril 2026 le discours officiel marquant le 66ème anniversaire de l’indépendance togolaise. Il a développé une vision de la souveraineté comme projet quotidien plutôt que simple commémoration.
Le Chef du gouvernement a d’emblée posé le cadre de sa réflexion. « Il y a 66 ans, le Togo faisait un choix décisif. Le choix de la liberté. Le choix de la souveraineté. Le choix de la dignité. Ce fut un combat porté par des femmes et des hommes déterminés. Un combat pour la maîtrise de leur destin. Un combat pour notre avenir », a-t-il rappelé.
Faure Gnassingbé a ensuite développé cinq convictions pour l’avenir collectif du pays. La première porte sur la nature même de l’indépendance. « Mon premier message est que l’indépendance n’est pas un acquis. C’est une responsabilité permanente. L’indépendance ne se résume pas à une date. Elle ne se résume pas à un symbole. Elle est une exigence de tous les jours », a-t-il affirmé.
Le Président du Conseil a précisé cette vision. « Être indépendant aujourd’hui, ce n’est pas seulement être souverain en droit. C’est se donner les moyens d’agir concrètement. C’est être capable de décider par nous-mêmes, de produire par nous-mêmes, de protéger notre pays et notre population, et enfin de maîtriser notre destin collectif », a-t-il expliqué.
Il a ensuite abordé les défis du monde actuel. « Mon deuxième message est que, dans le monde d’aujourd’hui, la souveraineté et la résilience sont des conditions de notre indépendance. Le monde a changé. Il est plus incertain, plus instable, plus fragmenté et aussi plus dangereux », a constaté le chef du gouvernement.
Faure Gnassingbé a évoqué les menaces sécuritaires régionales et les tensions mondiales. « Dans notre région, les défis sécuritaires persistent. Au niveau mondial, les tensions se multiplient. Les équilibres se fragilisent. Les financements deviennent plus rares. Dans ce contexte, nous devons être surtout lucides. Nous devons être surtout solides », a-t-il indiqué.
Le discours a insisté sur une conception active de la souveraineté. « La souveraineté n’est plus un principe abstrait. Elle est une nécessité. Elle signifie réduire nos dépendances, sécuriser ce qui est essentiel, être en mesure de faire face aux chocs. La souveraineté ne signifie pas se fermer. Elle ne signifie pas s’isoler. Au contraire. Elle suppose d’être ouverts. Mais d’être ouverts avec lucidité. Elle suppose des partenariats équilibrés, une diplomatie active et un engagement régional fort », a développé le Président du Conseil.
Le troisième axe du discours portait sur les attentes concrètes des populations. « Mon troisième message est que pour célébrer l’indépendance, il faut d’abord répondre aux attentes de la population », a déclaré Faure Gnassingbé.
Il a énuméré ces préoccupations. « L’indépendance ne prend tout son sens que si elle améliore la vie quotidienne. Les attentes de nos concitoyens sont connues. Elles sont légitimes. Elles concernent l’emploi, en particulier pour les jeunes. Elles concernent l’accès à l’eau, à l’électricité, à la santé, à l’éducation. Elles concernent aussi les conditions de vie et la dignité. Elles concernent aussi l’équité entre les territoires et entre les populations », a-t-il précisé.
Le chef du gouvernement a évoqué les zones les plus exposées. Il a souligné la nécessité de protéger les populations en garantissant l’accès aux services de base et en préparant l’avenir face aux chocs climatiques.
Le quatrième message a défini les trois piliers de l’action publique. « Protéger, c’est donc le socle fondamental sans lequel aucune autre politique publique ne peut tenir. Rassembler, c’est assurer notre cohésion nationale. C’est rassembler notre territoire et réduire les inégalités entre régions. C’est faire en sorte que le développement soit mieux réparti. C’est donner aux collectivités les moyens d’agir », a exposé Faure Gnassingbé.
Il a poursuivi. « Rassembler notre population, c’est ensuite lutter contre la pauvreté et contre les inégalités. C’est permettre à chacun de trouver sa place dans la société. Rassembler notre pays, c’est aussi renforcer le lien entre l’État et les citoyens, par le dialogue et la transparence. C’est construire la confiance dans des institutions efficaces et dans une justice fiable. Rassembler, c’est donc garantir l’équilibre », a-t-il développé.
Le volet transformation a été détaillé. « Transformer enfin, c’est changer durablement notre économie. C’est transformer notre territoire et moderniser notre agriculture. Produire mieux, transformer localement et créer plus de valeur ici pour nos concitoyens. Transformer, c’est aussi investir dans les bonnes compétences pour notre population. C’est former nos jeunes aux métiers dont notre économie a besoin et faire grandir les talents. C’est faire en sorte que chaque formation mène à un emploi décent et durable dans l’agriculture, dans l’industrie et dans les services », a précisé le Président du Conseil.
Il a également mentionné les infrastructures logistiques et la capacité industrielle. « Transformer notre pays enfin, c’est aussi renforcer nos infrastructures logistiques et notre capacité industrielle. Des routes qui relient nos marchés entre eux, et qui permettent d’acheminer nos productions vers les marchés de nos voisins. Un port performant qui facilite les échanges dans l’ensemble de la sous-région. Des zones industrielles où nos entreprises peuvent investir, produire, se développer. C’est faire en sorte que davantage de richesses soient produites ici, au Togo », a-t-il ajouté.
Le cinquième et dernier message appelait à la participation collective. « Pour finir, mon cinquième et dernier message est que l’avenir du Togo se construira avec tous les Togolais. Une stratégie, aussi bonne soit-elle, ne réussit pas seule. Elle ne réussit que si elle est portée, partagée, appropriée. La Ve République nous engage à changer notre manière de faire. Je souhaite une action publique plus ouverte, plus concertée, plus responsable », a déclaré Faure Gnassingbé.
Il a annoncé une phase de consultations. « Dans les prochaines semaines, une phase d’échanges sera engagée, avec les institutions, avec le secteur privé, avec la société civile, avec nos partenaires, pour enrichir la réflexion du gouvernement autour de l’élaboration de cette feuille de route. Pour la partager. Pour la parfaire. Pour la faire vivre. Car cette stratégie ne peut réussir que si elle vous appartient à tous », a indiqué le Président du Conseil.
Le discours s’est achevé sur un appel à l’unité. « Mes chers compatriotes, l’indépendance n’est pas un souvenir. C’est un projet. Un projet exigeant. Un projet collectif. Un projet pour l’avenir. Un projet qui nous oblige aussi mais surtout qui nous rassemble. C’est ensemble que nous devons continuer à construire un Togo plus souverain, plus résilient, plus juste, et plus prospère », a conclu Faure Essozimna Gnassingbé.
