Les sols s’appauvrissent. Les récoltes diminuent. Les agriculteurs des zones rurales ressentent chaque année davantage les effets de la perte forestière. Face à cette érosion progressive, les autorités envisagent une riposte visant à replanter massivement.
Le chiffre parle de lui-même. Vingt mille hectares de forêts doivent retrouver leur couvert végétal d’ici trois ans. Parallèlement, d’autres milliers d’hectares terrains dégradés attendront des interventions de régénération. C’est l’ampleur du pari que la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) et le ministère de l’Environnement ont décidé de relever ensemble.
Mais replanter, c’est bien plus que semer des graines. Cela implique une mobilisation sans précédent des collectivités. Mercredi dernier, les maires et leurs équipes se sont réunis à Kpalimé pour coordonner cette action. Les conseillers municipaux étaient présents. Les habitants des zones concernées ont également participé. Chacun comprend que sans leur implication directe, le projet restera une promesse sur le papier.
Les financements proviennent de sources extérieures. Le ministère allemand de la Coopération économique (BMZ) apporte son soutien budgétaire. Cette aide s’inscrit dans une perspective africaine plus large. Le continent vise à restaurer 1,4 million d’hectares de paysages dégradés. Le Togo entend peser de tout son poids dans cet effort collectif.
Sur le terrain, l’enjeu revêt une dimension économique inévitable. Les communautés rurales les plus exposées aux dérèglements climatiques espèrent retrouver des conditions de cultures viables. L’accès à l’eau, la qualité des sols, la stabilité des rendements dépendent largement du rétablissement des écosystèmes forestiers. Restaurer les forêts signifie donc créer les conditions d’une économie paysanne plus stable.
Les défis demeurent réels. L’implication des acteurs locaux reste la clé. Sans maires convaincus et communautés engagées, les trois années à venir ne suffiront pas à atteindre les objectifs. C’est précisément pourquoi la rencontre de Kpalimé a servi de catalyseur. Elle a permis de clarifier les rôles et responsabilités de chacun. Elle a aussi lancé un appel à l’action immédiate, avant que les dommages ne deviennent irréversibles.
