Le gouvernement crée une nouvelle entité de financement pour les infrastructures routières. Le Conseil des ministres a adopté un décret établissant la Société nationale de financement routier (SONAFIR), qui se substitue à la Société autonome de financement de l’entretien routier (SAFER). Cette réforme reconnaît une réalité bien documentée par les diagnostics gouvernementaux. Les besoins de financement des routes dépassent largement les ressources mobilisables par le cadre précédent.
La SAFER, créée en 2012, a collecté les ressources destinées à l’entretien du patrimoine routier national. Plus d’une décennie après sa création, les évaluations réalisées ont révélé des insuffisances qui limitent la capacité de l’institution à répondre efficacement aux besoins croissants de financement des infrastructures routières. Le stock de routes à entretenir s’accumule. Les déficits de financement s’aggravent.
Pour résoudre ce goulot d’étranglement, le décret adopté crée la SONAFIR, dotée de prérogatives élargies. Cette nouvelle structure disposera de mécanismes renforcés de mobilisation des ressources, fondés sur la diversification des instruments de financement et le développement de partenariats stratégiques. Elle pourra créer des obligations de financement routier, mobiliser des investisseurs institutionnels et nouer des alliances avec des bailleurs de fonds internationaux.
La SONAFIR hérite des missions de la SAFER. Elle devra assurer le financement des infrastructures routières, ce qui implique de collecter les redevances routières, les taxes carburant et autres ressources destinées au secteur routier. Mais elle devra aussi innover dans ses approches. Elle pourra recourir à des instruments financiers nouveaux, créer des fonds spécialisés et structurer des montages de financement hybrides combinant ressources publiques et privées.
Le réseau routier national constitue un actif public d’grande valeur. Un hectare de route bien entretenue génère des économies importantes en réduisant les coûts de transport, en diminuant les dégâts causés aux véhicules et en sécurisant les trajets. Pourtant, le financement de cet actif demeure insuffisant. La SONAFIR devra transformer cette réalité en créant des flux de revenus prévisibles et suffisants.
La séparation des responsabilités entre la SONAFIR et AEROUTE TOGO crée une division du travail rationalisée. La SONAFIR se concentre sur la mobilisation et l’allocation des ressources financières. AEROUTE TOGO, de son côté, assure la maîtrise d’ouvrage déléguée des projets. Cette clarification des rôles réduit les risques de chevauchement et améliore l’efficacité opérationnelle.
En Afrique de l’Ouest, plusieurs pays confrontent le même défi. Le stock de routes dégradées s’accumule tandis que les budgets gouvernementaux stagnent. Les solutions innovantes de financement routier attirent l’attention des décideurs. La SONAFIR s’inscrit dans cette dynamique d’expérimentation avec de nouveaux mécanismes de financement.
La création de la SONAFIR signale aussi aux investisseurs privés que le Togo entend sécuriser le financement du secteur routier. Un investisseur considérant des projets de construction ou de concession routière veut s’assurer que le gouvernement dispose de revenus prévisibles pour rembourser les emprunts ou payer les contributions contractuelles. La SONAFIR offre cette prévisibilité.
Le cadre juridique applicable à la SONAFIR doit aussi clarifier les engagements réciproques entre l’État et la nouvelle structure. Quels revenus lui seront alloués. Quels seraient les critères de performance attendus. Quelles seraient les conditions de refinancement. Ces questions détermineront l’efficacité réelle de la nouvelle agence.
Pour y remédier, le décret adopté crée la Société nationale de financement routier qui se substitue à la SAFER. Cette nouvelle entité disposera de mécanismes renforcés de mobilisation des ressources, fondés sur la diversification des instruments de financement et le développement de partenariats stratégiques. Elle s’engage à transformer la capacité du Togo à financer ses infrastructures routières.
