Le Haut Patronage accordé par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, à la 3ième édition de la Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers (GRCRO) dépasse le cadre protocolaire. Ce choix traduit la place accordée par les plus hautes autorités togolaises aux questions de conformité, de lutte contre la corruption, de blanchiment des capitaux et de sécurisation des circuits financiers. Prévue les 8 et 9 juillet 2026 à Lomé, la rencontre réunira plus de 1 000 spécialistes issus de plus de 46 pays d’Afrique, d’Europe et d’autres régions du monde.

Ce patronage intervient alors que le Togo poursuit le renforcement de son dispositif de gouvernance publique. La conformité occupe désormais une place de premier plan dans les politiques destinées à améliorer le climat des affaires, à protéger le système financier et à accroître la confiance des investisseurs. Cette orientation rejoint les ambitions portées par le Président du Conseil, qui accorde une attention particulière à la transparence, à la modernisation des institutions et à la mobilisation d’investissements durables.
Le thème retenu cette année illustre cette volonté. Les échanges porteront sur « La fraude, la corruption et les autres infractions sous-jacentes au blanchiment des capitaux et au financement du terrorisme à l’ère de l’intelligence artificielle ». À mesure que les technologies numériques évoluent, les réseaux criminels adaptent également leurs méthodes. L’intelligence artificielle constitue désormais un outil susceptible de servir aussi bien les dispositifs de contrôle que les activités illicites. Les participants examineront donc les réponses que les institutions financières, les autorités de régulation et les cellules de renseignement financier peuvent mettre en œuvre face à cette évolution.
Le programme traduit cette approche. Cinq panels aborderont notamment l’intégration des entreprises et professions non financières désignées dans les mécanismes de prévention du blanchiment, l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les procédures de connaissance du client, les techniques de détection précoce de la fraude, l’analyse des risques liés aux personnes politiquement exposées ainsi que les procédures de contrôle interne.
Au-delà des thématiques techniques, la tenue de cette rencontre sous le haut patronage du Président du Conseil envoie un message aux partenaires du Togo. Les questions de conformité ne sont plus limitées au secteur bancaire. Elles concernent désormais l’ensemble des politiques publiques liées à la gouvernance économique, à la lutte contre les flux financiers illicites et à la protection de l’intégrité du système financier national. Depuis plusieurs années, le pays renforce d’ailleurs son arsenal juridique et institutionnel en collaboration avec les organismes régionaux et internationaux spécialisés dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Le Togo participe notamment aux travaux du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), organisme spécialisé de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Il collabore également avec les institutions de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) afin d’harmoniser les normes de conformité et de contrôle financier dans l’espace communautaire. Cette coopération contribue au renforcement de la crédibilité du pays auprès des partenaires techniques et financiers.
La qualité des intervenants attendus confirme également l’envergure de cette édition. La sénatrice française Nathalie Goulet, reconnue pour ses travaux sur les circuits de financement du terrorisme, prononcera le discours inaugural. Selon le communiqué des organisateurs, son intervention portera sur « la lutte contre le blanchiment, le trafic d’or, le trafic de migrants et la contrefaçon ». Plusieurs spécialistes internationaux prendront également part aux débats, parmi lesquels Quentin Mugg d’Europol, Geert Delrue, expert belge en fraude économique et financière, ainsi qu’Ilyas Berrajaa, spécialiste des solutions technologiques appliquées à la conformité.
La dimension africaine sera tout aussi présente avec la participation d’Odjoulore Akakpo, directrice du renseignement financier et de la stratégie à la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF-Togo), de Khadidjatou Fayez Fall, secrétaire générale de la CENTIF-Sénégal, ou encore de Vania Da Rosa, présidente du Forum des Compliance Officers du GIABA. Des dirigeants du secteur bancaire africain partageront aussi leurs expériences afin de confronter les approches développées dans plusieurs pays du continent.
L’ouverture officielle réunira également Kossi Tenou, président de l’Autorité des Marchés Financiers de l’Union Monétaire Ouest Africaine (AMF-UMOA). Sa présence illustre la place accordée aux mécanismes de supervision des marchés financiers dans la prévention des risques économiques et financiers.
L’événement est organisé par l’Association Togolaise des Compliance Officers (ATCO), l’Africa Compliance Academy (ACA) et la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA) avec l’appui de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF-Togo). Le GIABA, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) ainsi que l’AMF-UMOA figurent également parmi les partenaires.
Par son haut patronage, le Président Faure Essozimna Gnassingbé place ainsi la conformité parmi les leviers de gouvernance mis en avant par le Togo. La GRCRO 2026 servira de cadre d’échanges entre autorités publiques, régulateurs, institutions financières et spécialistes de plusieurs continents autour des réponses à apporter aux nouveaux défis liés à la criminalité financière et aux usages de l’intelligence artificielle.
