Le Togo engage une nouvelle phase de son action en faveur de la promotion de l’éthique publique. L’Université de Lomé (UL), avec l’appui de la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA), a mis en place une cellule chargée de préparer l’intégration progressive de modules consacrés à l’intégrité et à la lutte contre la corruption dans les cursus de formation. L’objectif est de doter les futurs diplômés de connaissances académiques, mais aussi de valeurs éthiques adaptées aux exigences de la gouvernance moderne.
L’Université de Lomé (UL) a accueilli, le 3 juillet 2026, la réunion constitutive de la Cellule de réflexion sur la stratégie d’intégration des unités d’enseignement consacrées à la lutte contre la corruption et à la culture de l’intégrité. Les travaux se sont déroulés au Centre d’Excellence WASCAL, en présence des autorités universitaires et des représentants de la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA).

Composée de quatorze membres, cette cellule est présidée par le premier vice-président de l’Université de Lomé, le professeur Komlan Batawila. Elle bénéficie de l’accompagnement institutionnel de la HAPLUCIA, dirigée par Kimelabalou Aba.
Sa mission consiste à élaborer une stratégie destinée à intégrer, de manière progressive et harmonisée, des unités d’enseignement consacrées à l’éthique, à l’intégrité et à la prévention de la corruption dans les différentes filières de formation.
Les membres auront notamment à définir les contenus pédagogiques, le volume horaire, les crédits académiques ainsi que les modalités d’intégration de ces enseignements dans le système Licence-Master-Doctorat (LMD). Les conclusions de leurs travaux serviront de référence pour l’ensemble des établissements et facultés concernés.
Cette démarche s’inscrit dans les engagements du Togo en matière de prévention de la corruption. Le pays est partie à plusieurs instruments internationaux et régionaux, notamment la Convention des Nations unies contre la corruption ainsi que la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption. La HAPLUCIA, créée pour coordonner les actions nationales dans ce domaine, mène depuis plusieurs années des activités de sensibilisation, de formation et de promotion de la bonne gouvernance auprès des administrations, des entreprises, des organisations de la société civile et des établissements d’enseignement.
Prenant la parole, le président de la HAPLUCIA, Kimelabalou Aba, a salué l’installation de cette cellule, qu’il considère comme une avancée dans la mise en œuvre du projet national.
« C’est une étape importante qui vient d’être franchie dans la mise en œuvre du projet d’intégration de l’éducation à la lutte contre la corruption et à l’intégrité dans les curricula d’enseignement et de formation au Togo. »
Le professeur Komlan Batawila a, pour sa part, rappelé que les enjeux du développement dépassent le seul cadre des compétences techniques ou scientifiques. Selon lui, la formation universitaire doit également transmettre des valeurs de responsabilité et d’éthique.
« Le développement durable du Togo et l’efficacité de nos institutions se heurtent trop souvent aux dérives du manque d’intégrité et au fléau de la corruption. Face à ce défi, l’Université de Lomé ne peut rester spectatrice. Former l’intelligence sans former le caractère, c’est créer un danger pour la société. »
À l’issue de son installation officielle, la cellule de réflexion a tenu sa première séance de travail. Cette réunion a permis de lancer les premières discussions sur la méthodologie, les orientations pédagogiques et le calendrier des activités.
Le projet vise à faire de l’intégrité une composante des parcours de formation au même titre que les autres compétences universitaires. À terme, les unités d’enseignement élaborées pourront être intégrées de façon progressive dans les offres de formation, avec l’ambition de renforcer la culture de l’éthique et de la responsabilité auprès des futurs diplômés.
