Une campagne nationale de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticide s’apprête à couvrir des milliers de foyers togolais. Réuni en Conseil des ministres ce mercredi 8 juillet sous la présidence du Président du Conseil, Faure Éssozimna Gnassingbé, le gouvernement a autorisé le lancement de cette 6e édition, entreprise tous les trois ans selon les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Le paludisme demeure l’une des menaces sanitaires principales en Afrique subsaharienne. Chaque année, des millions de personnes contractent le parasite Plasmodium, véhiculé par les moustiques Anopheles. Les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes payent le prix le plus lourd. Une moustiquaire imprégnée, suspendue au-dessus du lit pendant le sommeil, crée une barrière physique et chimique qui tue ou repousse les moustiques porteurs de la maladie.
Identifier les populations à risque élevé constitue une étape clé du succès. Le Togo géographiquement se divise entre des zones côtières où le paludisme sévit moins et des régions du nord, notamment la Savane, où la transmission devient intense. La campagne hiérarchisera son déploiement sur ces poches de haute prévalence, assurant que les resources vont où les besoins sont les plus aigus.
L’opération sur le terrain exigera coordination et discipline. Des milliers de distributions fonctionneront simultanément dans villages et quartiers. Le ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique, de la Couverture Sanitaire Universelle et des Assurances pilotera le processus, s’appuyant sur ses structures périphériques, les agents communautaires de santé et les responsables locaux.
La campagne s’articule en deux phases. La première visera les régions du Nord, là où le risque climatique et géographique aggrave les cas. La seconde élargira la couverture vers les autres régions, permettant une organisation progressive et l’apprentissage adaptatif entre les deux phases. Cette approche séquencée réduit le gaspillage et renforce la qualité du déploiement.
L’OMS a actualisé ses recommandations en faveur des distributions triannuelles après constatation qu’une moustiquaire dure environ trois ans avant que son efficacité chimique ne se dégrade. Un cycle de trois ans assure une couverture universelle continue sans surcoûts inutiles en année deux ou quatre.
Le contexte régional légitime cet investissement. Plusieurs États côtiers, notamment en Afrique de l’Ouest, reconnaissent que le paludisme réduit la productivité économique. Des études montrent qu’une mère atteinte du paludisme manque des jours de travail ; un enfant malade abandonne l’école. Les entreprises tournent au ralenti lors de pics épidémiques. En prévenant la transmission, on prévient la perte économique.
Tecniquement, les moustiquaires imprégnées moderne s’appuient sur des insecticides synthétiques que les moustiques ont peu développé de résistance à ce jour, contrairement aux insecticides anciens utilisés aux années 1990. Cette classe chimique, renouvelée régulièrement, maintient son efficacité. Des études indépendantes d’institutions comme l’Institut Pasteur valident leur innocuité pour les humains aux concentrations déployées.
Le gouvernement togolais demande aux populations concernées de recevoir les moustiquaires avec bonne foi et diligence. Les agents de distribution méritent respect et coopération, afin que le travail progresse équitablement et que chaque famille obtienne sa part. La participation des responsables villageois et des chefs de quartier facilite cette mobilisation.
Une fois reçues, les moustiquaires exigent une simple installation correcte. Elles se suspendent de manière à créer une poche fermée autour du lit. Laisser des ouvertures réduirait leur efficacité. Les campagnes passées ont montré que des formations rapides et des démonstrations visuelles accélèrent l’adoption des bonnes pratiques.
