La lutte contre les comportements à risque liés à la consommation de substances nocives prend une place plus visible dans les priorités sanitaires du Togo. Face à la progression de pratiques qui touchent particulièrement les jeunes, le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances (MSHPCSUA) a lancé, mercredi 5 août, un appel à la responsabilité individuelle afin de prévenir les conséquences sanitaires et sociales associées à ces consommations.
Le ministère met en garde contre l’usage abusif des boissons énergisantes, la consommation de liqueurs artisanales vendues sans contrôle sanitaire ainsi que le recours à des substances psychoactives ou à des médicaments utilisés sans prescription médicale dans la recherche d’effets euphorisants. Selon les autorités sanitaires, ces pratiques fragilisent progressivement l’organisme et favorisent l’apparition de maladies chroniques qui affectent notamment le cœur, le foie, les reins et le cerveau.
L’Organisation mondiale de la Santé estime que les maladies non transmissibles sont aujourd’hui responsables de près de trois quarts des décès enregistrés dans le monde. La consommation excessive d’alcool, l’alimentation déséquilibrée, la sédentarité et l’usage de substances psychoactives figurent parmi les principaux facteurs de risque. Chaque année, l’alcool est directement lié à près de trois millions de décès, soit environ 5 % de la mortalité mondiale.
Le phénomène des boissons énergisantes suscite également une vigilance croissante. Plusieurs études scientifiques ont établi qu’une consommation excessive, notamment lorsqu’elle est associée à l’alcool ou à d’autres stimulants, peut provoquer des troubles cardiovasculaires, des perturbations du sommeil, de l’anxiété et des complications neurologiques. Les adolescents et les jeunes adultes constituent la population la plus exposée.
Dans son communiqué, le ministère souligne que ces comportements ne produisent pas uniquement des effets sur la santé des personnes concernées. Ils représentent aussi « un coût économique et social considérable pour les familles et la Nation entière », en raison des dépenses médicales, de la baisse de productivité et des répercussions sur le tissu social.
Les autorités privilégient une approche fondée sur la prévention. Elles invitent la jeunesse à pratiquer régulièrement une activité physique, à faire de l’eau la principale boisson d’hydratation, à privilégier une alimentation riche en fruits et légumes locaux et à limiter la consommation de sucre, de sel et de matières grasses. Elles appellent également à éviter toute utilisation de médicaments ou de substances nocives en dehors d’une prescription médicale et à adopter des habitudes de vie favorables au bien-être.
« Préserver sa santé est aussi un acte de patriotisme. C’est protéger sa famille, contribuer au développement du pays et permettre à notre système de santé de continuer à répondre efficacement aux besoins de tous », rappelle le ministère dans son message.
Cet appel s’inscrit dans la politique de prévention développée par le Togo ces dernières années pour réduire le poids des maladies non transmissibles. Le pays multiplie les campagnes de sensibilisation, renforce les actions de promotion de modes de vie sains et poursuit les efforts engagés dans le cadre de la Couverture sanitaire universelle afin d’améliorer durablement l’état de santé des populations.
