Face à la multiplication des menaces sanitaires et à l’apparition régulière de nouveaux agents pathogènes, le Togo renforce son dispositif de veille avec l’adoption d’un plan national de surveillance génomique. Présenté le 3 août aux acteurs des secteurs de la santé humaine, animale et environnementale, ce cadre vise à améliorer la détection précoce des maladies, à suivre l’évolution des agents infectieux et à appuyer les décisions des autorités sanitaires.
Élaboré avec l’appui du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et d’autres partenaires techniques, ce document repose sur l’approche « Une seule santé », qui reconnaît l’interdépendance entre la santé des populations, celle des animaux et celle des écosystèmes. Cette stratégie est aujourd’hui recommandée à l’échelle internationale pour prévenir les risques liés aux maladies transmissibles, dont près de 75 % des infections émergentes chez l’être humain sont d’origine animale.

La mise en œuvre du plan sera assurée par l’Institut national de l’hygiène (INH), appelé à coordonner la collecte, l’analyse et l’exploitation des données génomiques. Ces analyses consistent à séquencer le matériel génétique des virus, bactéries ou autres agents pathogènes afin d’identifier rapidement leurs mutations, de suivre leur circulation et de détecter l’apparition de nouveaux variants.
Pour le secrétaire général du ministère de la Santé, Kokou Wotobe, ce document traduit une évolution des capacités nationales de surveillance. « Ce document traduit la volonté du gouvernement de faire de la génomique un véritable outil d’aide à la décision, pleinement intégré à notre système national de surveillance épidémiologique », a-t-il déclaré. Il a ajouté que « ce plan doit devenir une compétence supplémentaire permettant à notre pays d’anticiper davantage les menaces sanitaires, d’améliorer la détection des agents pathogènes et de renforcer notre capacité de réponse face aux épidémies et autres événements de santé publique ».
La surveillance génomique a pris une place centrale dans les politiques de santé publique depuis la pandémie de Covid-19. Le séquençage du SARS-CoV-2 a permis aux scientifiques d’identifier rapidement plusieurs variants et d’adapter les stratégies de contrôle. Cette technologie est désormais utilisée pour surveiller de nombreuses maladies, notamment la grippe, la rougeole, la poliomyélite, le choléra ou encore les fièvres hémorragiques virales.
Le nouveau plan doit également favoriser une meilleure coordination entre les services vétérinaires, les laboratoires, les structures de santé et les organismes chargés de la protection de l’environnement. Cette coopération vise à repérer plus rapidement les risques sanitaires avant qu’ils ne prennent de l’ampleur et à améliorer la préparation du pays face aux urgences de santé publique.
Ces dernières années, le Togo a progressivement renforcé son système de surveillance épidémiologique grâce à la modernisation de ses laboratoires, à l’amélioration des capacités de diagnostic et au développement de réseaux de veille sanitaire. L’intégration de la génomique complète désormais cet arsenal en apportant des données plus précises sur l’évolution des agents pathogènes et en facilitant une réponse plus rapide lorsque de nouvelles menaces apparaissent.
