La gouvernance des ressources en eau du bassin du Mono est au cœur d’une rencontre régionale organisée depuis le 6 août à Lomé. Parlementaires et décideurs du Bénin et du Togo y examinent les moyens de consolider le cadre politique, juridique et financier destiné à préserver ce bassin transfrontalier, confronté à des pressions environnementales et à une demande croissante en eau.
Organisé par l’Autorité du Bassin du Mono (ABM) et le Partenariat Mondial de l’Eau en Afrique de l’Ouest (GWP-AO), l’atelier réunit des élus, des représentants des administrations publiques et des partenaires techniques autour de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE). Les échanges s’inscrivent dans la mise en œuvre du projet Initiative régionale pour l’eau et l’environnement dans le bassin transfrontalier du Mono (IREE-Mono), qui vise à renforcer la coopération entre les deux pays.

Le bassin du Mono occupe une place stratégique en Afrique de l’Ouest. Alimenté par le fleuve Mono, long d’environ 530 kilomètres, il s’étend entre le Togo et le Bénin avant de se jeter dans le golfe de Guinée. Ses ressources soutiennent les activités agricoles, la pêche, la production d’énergie, l’approvisionnement en eau et les moyens de subsistance de plusieurs millions d’habitants des deux pays.
Cette richesse naturelle fait toutefois face à des défis croissants. La déforestation, l’érosion des sols, la pollution, les effets du changement climatique et l’augmentation des besoins liés à la croissance démographique accentuent la pression sur les écosystèmes. La gestion concertée des ressources apparaît ainsi comme un enjeu partagé pour prévenir les conflits d’usage et préserver les équilibres environnementaux.
Les travaux de Lomé accordent une place centrale au rôle des parlementaires. Les organisateurs souhaitent renforcer leur implication dans l’élaboration des lois, l’adoption des politiques publiques et la mobilisation des financements destinés à la gestion durable des ressources en eau. L’objectif est aussi de favoriser une meilleure appropriation des enjeux liés à la gouvernance transfrontalière.
Représentant le ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme, Théodore Komla Edoh, directeur de cabinet, a expliqué que la rencontre devait « sensibiliser les participants sur la Gestion intégrée des ressources en eau dans le bassin du Mono » afin qu’ils s’approprient les défis liés à cette ressource. Selon lui, cet atelier constitue également un plaidoyer destiné à renforcer l’engagement des décideurs en faveur de l’adoption des textes nécessaires à la promotion de la GIRE, tout en faisant des parlementaires de véritables « ambassadeurs de l’ABM ».
Il a rappelé que l’Autorité du Bassin du Mono repose sur la Convention portant statut du fleuve Mono et création de l’ABM, signée le 31 décembre 2014 par les chefs d’État du Bénin et du Togo. Cet accord constitue le socle de la coopération entre les deux pays pour la gestion commune des ressources du bassin.
Le directeur exécutif de l’Autorité du Bassin du Mono, Nicolas Dadja Gnakpaou, a souligné que ce territoire concentre des ressources naturelles essentielles pour des populations en constante augmentation. Il a estimé que les dégradations observées sur les écosystèmes rendaient indispensable une action coordonnée afin de restaurer les milieux naturels, renforcer la gouvernance transfrontalière et promouvoir des pratiques de gestion durable.
La secrétaire exécutive du Partenariat Mondial de l’Eau en Afrique de l’Ouest, Aguiratou Yaro Ouédraogo, a pour sa part présenté la rencontre comme une occasion de renforcer la coopération entre les différents acteurs afin d’améliorer la gestion concertée des ressources en eau du bassin.
Même constat du côté de la Direction des Ressources en Eau. Son directeur, Gninpale Konlani, a rappelé que le Togo partage une grande partie de ses ressources hydriques avec les États voisins. Il a souligné que la coopération transfrontalière demeure une priorité afin de construire des mécanismes de gestion coordonnée, durable et non conflictuelle des eaux partagées.
Au-delà des échanges techniques, les participants examinent les perspectives d’amélioration des cadres juridiques et institutionnels ainsi que de nouveaux mécanismes de financement capables de soutenir les politiques de gestion intégrée des ressources en eau. Les conclusions de cette rencontre devraient alimenter les prochaines actions de l’Autorité du Bassin du Mono en faveur de la préservation d’un espace naturel dont dépendent, de part et d’autre de la frontière, les activités économiques, la sécurité alimentaire et l’équilibre des écosystèmes.
