La continuité l’a emporté au terme du congrès de l’Union des Forces de Changement (UFC). Réuni le 8 août autour du thème « De l’Ablodé au développement harmonieux », le parti a reconduit le Dr Gilchrist Olympio à la présidence de son bureau exécutif. Le ministre Sena Alipui conserve, lui aussi, son poste de premier vice-président. La création d’un Comité des sages dirigé par l’honorable Aholou complète ce dispositif, avec en toile de fond la volonté de consolider l’organisation du parti dans la Ve République.
La composition de la nouvelle équipe dirigeante traduit d’abord un choix de stabilité. Fondateur et figure centrale de l’UFC, Gilchrist Olympio demeure à la tête de la formation créée en 1992. Son maintien prolonge une direction construite autour de l’héritage politique de l’Ablodé, terme éwé associé à l’idée de libération et auquel le parti demeure profondément attaché.
Le congrès ne s’est toutefois pas limité à reconduire les principaux dirigeants. Il a aussi posé la question de l’avenir d’une formation politique appelée à évoluer dans un système institutionnel différent. La Constitution promulguée le 6 mai 2024 a instauré la Ve République et consacré un régime parlementaire, avec notamment la création de la fonction de Président du Conseil.
Pour l’UFC, cette évolution implique de repenser la manière de s’organiser, de se déployer sur le territoire et de participer au débat public. C’est dans cette perspective que le maintien de Sena Alipui prend une importance particulière. Premier vice-président, le ministre demeure l’un des principaux relais de la ligne politique du parti et aura à contribuer à la mise en œuvre des orientations arrêtées lors du congrès.
Dans son discours d’ouverture, lu par Sena Alipui, Gilchrist Olympio a insisté sur la nécessité de maintenir la mobilisation des militants et de renforcer l’implantation de l’UFC dans les différentes régions du pays. Le parti veut aussi mieux structurer ses forces afin de participer au débat national sur des sujets directement liés aux conditions de vie des populations.
Les sept priorités mises en avant lors de la dernière campagne restent au centre de cette feuille de route. L’eau, l’emploi, l’éducation, l’électricité, la santé, la sécurité et la salubrité constituent les principaux domaines sur lesquels l’UFC entend concentrer son action.
« Nous devons participer activement à la réalisation des politiques publiques pour améliorer les conditions de vie des Togolais », a souligné Gilchrist Olympio dans son discours.
Cette orientation prolonge une évolution déjà perceptible dans le positionnement du parti. Après plusieurs décennies consacrées à la défense des libertés et à la revendication de l’Ablodé, l’UFC cherche à inscrire cet héritage dans des préoccupations liées au développement économique et social. Le thème du congrès résume cette volonté de conjuguer mémoire politique et priorités contemporaines.
La paix et la solidarité nationale ont également occupé une place importante dans le discours présidentiel. Pour Gilchrist Olympio, la liberté politique ne peut être dissociée de la stabilité du pays ni des conditions nécessaires à son développement.
Le congrès a par ailleurs introduit une nouvelle instance dans l’architecture du parti. Le Comité des sages, placé sous la direction de l’honorable Aholou, doit contribuer à la cohésion interne et à la préservation de l’héritage de l’UFC. Sa mise en place intervient alors que la question de la relève prend une place croissante dans les préoccupations de la formation.
Gilchrist Olympio a ainsi insisté sur la nécessité de voir émerger davantage de jeunes, de femmes et de cadres au sein du parti. Le renouvellement générationnel apparaît désormais comme l’un des chantiers associés à la consolidation des structures de l’UFC.
Cette préoccupation rejoint celle exprimée par Sena Alipui lors des travaux, lorsqu’il a appelé à renforcer le maillage territorial et à poursuivre l’institutionnalisation du parti. L’objectif est de disposer d’une organisation mieux structurée, capable de faire vivre ses orientations au-delà des périodes électorales.
Le congrès intervient aussi après les élections qui ont marqué la mise en place des nouvelles institutions. L’UFC a obtenu un siège lors des premières élections sénatoriales de février 2025 et 38 sièges de conseillers municipaux lors du scrutin municipal de juillet 2025. Ces résultats lui donnent une présence dans les institutions locales et parlementaires de la Ve République, même si l’écart avec les principales formations politiques reste important.
La direction reconduite devra donc composer avec un double impératif. Préserver l’identité d’un parti dont l’histoire demeure étroitement liée à celle de l’opposition togolaise, tout en développant une organisation adaptée au nouveau système institutionnel.
La feuille de route issue du congrès devrait servir de cadre à cette transformation. Pour l’UFC, la question n’est plus seulement de préserver un héritage politique. Elle consiste aussi à le traduire dans une organisation plus solide, à élargir sa base militante et à renforcer sa capacité à porter des propositions sur les enjeux sociaux et économiques du pays.
