Près de 5 milliards de FCFA doivent être mobilisés pour accélérer la diffusion des foyers améliorés au Togo. L’accord conclu le 26 août 2026 avec trois acteurs du marché carbone vise à passer des premières expérimentations à un déploiement à l’échelle nationale, avec un horizon fixé à 2032.
Le financement attendu s’élève à 8,5 millions de dollars, soit plus de 4,7 milliards de FCFA. Il doit être mobilisé auprès de banques d’affaires américaines dans le cadre d’un partenariat entre le ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, Valor Carbon Ltd, Valitera Pte Ltd et Arborify SA.
Le programme cible en priorité la cuisson domestique, encore largement dépendante du bois de chauffe et du charbon de bois. Les foyers améliorés permettent de réduire la quantité de combustible nécessaire par rapport aux équipements traditionnels et constituent ainsi l’une des solutions retenues dans la stratégie de transition vers une cuisson moins polluante.
Une première phase a déjà été engagée dans les régions Maritime, des Plateaux et de la Centrale. Elle aurait permis d’équiper environ 107 000 foyers. Près de 2 000 ménages supplémentaires bénéficieraient chaque mois de cette technologie, selon les données communiquées par le ministère.
Le nouveau financement doit désormais accompagner le changement d’échelle. Le programme prévoit une extension progressive à l’ensemble du territoire d’ici 2032, avec une possibilité de prolongation jusqu’en 2037. L’objectif est de consolider les acquis de la phase pilote avant d’élargir la couverture géographique.
Cette orientation rejoint la préparation du Programme national d’accès à la cuisson propre, dont les études ont été lancées en mars 2026. Les autorités visent un taux d’accès de 80 % aux solutions de cuisson propre à l’horizon 2030. La stratégie ne repose pas uniquement sur les foyers améliorés et doit également intégrer le gaz, l’électricité, le biogaz et d’autres solutions adaptées aux réalités des ménages.
Le recours au financement carbone constitue l’une des particularités du dispositif. La réduction de la consommation de bois et de charbon peut générer des réductions d’émissions valorisables sur les marchés du carbone. Cette source de financement cherche ainsi à rapprocher les objectifs climatiques des besoins concrets liés à l’accès à l’énergie.
Les enjeux sont aussi environnementaux. Une diminution de la demande en bois-énergie peut réduire la pression exercée sur les ressources forestières et limiter les émissions liées à la combustion de la biomasse. La cuisson dans des équipements plus performants peut également améliorer la qualité de l’air dans les habitations.
Le ministre Dodzi Kokoroko a présenté l’accord comme « une action concrète de terrain », en soulignant ses effets attendus sur les forêts, les conditions de vie et la santé des ménages.
Avec ces ressources, le principal défi se déplace désormais vers la diffusion effective des équipements. Leur accessibilité, leur coût pour les ménages, leur disponibilité dans les zones rurales et leur usage durable pèseront sur la capacité du programme à atteindre les objectifs fixés pour les prochaines années.
