Le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, réclame une « transparence absolue » sur l’accord technique conclu entre Dakar et le Fonds monétaire international (FMI). Il demande la publication du document qui précise les engagements du Sénégal et annonce un débat parlementaire sur leurs implications budgétaires et sociales.
L’annonce conjointe du gouvernement sénégalais et du FMI ne suffit pas, selon Ousmane Sonko, à éclairer le contenu réel de l’accord. Il rappelle que celui-ci demeure soumis à l’approbation du conseil d’administration du Fonds et estime que le langage utilisé dans les communications officielles laisse de nombreuses questions sans réponse.
La première concerne la dette publique. Le président de l’Assemblée nationale veut savoir précisément ce que recouvre le « traitement de la dette » mentionné dans le communiqué du FMI. Il demande également des précisions sur les réformes envisagées pour assurer la viabilité des finances publiques, accroître les recettes intérieures et rationaliser les dépenses de l’État.
Les mesures destinées à protéger les ménages vulnérables figurent aussi parmi ses préoccupations. Ousmane Sonko interroge notamment le devenir des filets de protection sociale, ainsi que les dispositions prévues en matière de supervision des entreprises publiques et d’amélioration de l’environnement des affaires.
Une autre question porte sur les audits internationaux de la dette. Ces examens avaient été réclamés dans le cadre des discussions engagées par les autorités sénégalaises. Leur place dans le nouvel accord reste, selon Sonko, à clarifier.
Le président de l’Assemblée nationale insiste sur la portée collective de ces engagements. Ils sont pris au nom de l’État sénégalais et leurs effets, actuels comme futurs, pèseront sur l’ensemble de la population. « Autant d’engagements qui interpellent tous les Sénégalais », souligne-t-il.
Sonko affirme par ailleurs avoir participé pendant plusieurs mois aux discussions avec le FMI et connaître certaines des orientations envisagées. Il estime que certaines d’entre elles risquent de « reproduire les erreurs du passé ». C’est précisément cette expérience des négociations qu’il invoque pour justifier sa demande de transparence.
Dans ce cadre, il demande au gouvernement de publier le mémorandum de politiques économiques et financières, document qui formalise habituellement les engagements convenus entre les autorités et le FMI. À défaut de publication, il souhaite que le texte soit transmis à l’Assemblée nationale afin que les députés puissent en prendre connaissance et en débattre.
Le calendrier budgétaire devrait fournir un autre cadre à cette confrontation politique. Selon Ousmane Sonko, les principales orientations de l’accord devraient apparaître dans une éventuelle loi de finances rectificative ou dans le projet de loi de finances pour 2027, qui doit être soumis à l’Assemblée nationale en octobre 2026.
Sonko entend donc déplacer la discussion du seul terrain technique vers celui du débat public et parlementaire. « Et le débat aura lieu ! », affirme-t-il, alors que les modalités précises du futur programme restent encore liées à l’examen du conseil d’administration du FMI.
