Un protocole d’accord signé à Pékin doit élargir les possibilités de paiement et de compensation en renminbi entre les deux espaces économiques. L’accord intervient alors que les échanges sino-africains atteignent de nouveaux volumes et que les entreprises recherchent des circuits financiers plus fluides pour leurs opérations transfrontalières.
Le Groupe Ecobank et le Cross-Border Interbank Payment System (CIPS) ont conclu, le 12 octobre à Pékin, un protocole d’accord destiné à renforcer la connectivité des paiements en renminbi (RMB) entre la Chine et l’Afrique. L’accord place les infrastructures financières au cœur de l’intensification des échanges commerciaux entre les deux régions.

La signature s’est déroulée en présence du ministre togolais des Finances et du Budget, en marge de la visite officielle en Chine de Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil de la République du Togo. La séquence donne à cet accord une portée particulière pour les relations économiques et financières entre la Chine, le Togo et le continent africain.
Pour les opérateurs économiques, l’enjeu est d’abord pratique. La coopération doit élargir les capacités de paiement et de compensation en monnaie chinoise, faciliter les règlements en RMB et réduire la complexité des opérations transfrontalières. Elle doit également améliorer l’accès aux circuits de paiement nécessaires aux échanges commerciaux entre les entreprises chinoises et africaines.
L’importance de ces infrastructures se mesure à l’ampleur des échanges. Le commerce entre la Chine et l’Afrique a atteint environ 348 milliards de dollars en 2025, selon les données citées par Ecobank. Avec la progression des flux commerciaux et des investissements, la capacité à effectuer des paiements, des règlements et des opérations bancaires dans des conditions adaptées devient un enjeu concret pour les entreprises des deux marchés.
Pour Jeremy Awori, directeur général du Groupe Ecobank, les infrastructures financières doivent suivre le rythme de l’intensification des relations économiques sino-africaines. Il estime que le partenariat avec CIPS permettra de mieux relier l’écosystème chinois des paiements en renminbi au réseau panafricain de la banque, tout en facilitant les opérations des importateurs, des exportateurs et des entreprises qui développent leurs activités entre les deux régions.
Ecobank dispose déjà d’une implantation en Chine. Présent dans le pays depuis 2012, le groupe a récemment inauguré de nouveaux bureaux à Pékin. Cette présence locale doit notamment servir de point d’accès à son réseau africain pour les entreprises, institutions financières et investisseurs chinois.
Le dispositif repose aussi sur des bureaux dédiés à la Chine implantés en Afrique de l’Ouest, en Afrique centrale et en Afrique de l’Est. Le groupe y propose des services liés au financement du commerce, aux paiements, à la gestion de trésorerie et aux investissements transfrontaliers.
Pour Ecobank, le corridor Chine-Afrique figure parmi les axes de croissance de sa stratégie « Croissance, Transformation et Rendements » (GTR). L’accord avec CIPS complète des coopérations déjà engagées avec Bank of China (Mauritius), XTransfer, YeePay et WorldFirst, autour du développement des échanges, des investissements et des paiements transfrontaliers.
Avec son implantation à Pékin et un réseau bancaire couvrant 34 marchés africains, Ecobank cherche ainsi à se positionner sur les infrastructures financières qui accompagnent l’essor des relations commerciales sino-africaines.
