Le Togo entend renforcer sa présence dans les débats internationaux consacrés à l’avenir de l’énergie nucléaire civile. Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil, est attendu cette semaine à Londres au World Nuclear Symposium, où le Togo figure parmi les invités d’honneur. Sa participation intervient alors que plusieurs pays africains accélèrent leurs démarches en faveur du développement de programmes nucléaires civils et que les conditions de financement du secteur évoluent.
Le rendez-vous londonien réunira plusieurs acteurs de premier plan de l’industrie nucléaire et des responsables engagés dans la définition des politiques énergétiques. Pour Lomé, cette présence constitue une occasion de présenter les réformes engagées ces dernières années pour mettre en place les bases institutionnelles et réglementaires nécessaires au développement d’une filière nucléaire civile.
Le Togo a notamment créé, en janvier 2025, le Commissariat à l’énergie atomique togolais. Cette évolution s’est accompagnée de l’adoption de plusieurs textes relatifs à la sûreté nucléaire, à la transparence et à la gestion des urgences radiologiques. Le pays a également renforcé son intégration au dispositif international de gouvernance nucléaire à travers la ratification de plusieurs conventions dans ce domaine.
Cette dynamique s’est prolongée par le renforcement de la coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). En février 2026, Lomé a signé à Vienne un cadre de programmation couvrant la période 2026-2031. Il prévoit notamment le recours aux technologies nucléaires dans la santé, l’agriculture, la sécurité alimentaire et le secteur énergétique. Le Togo siège également au Conseil des gouverneurs de l’AIEA pour la période 2025-2027.
La participation du président du Conseil au World Nuclear Symposium intervient aussi dans une conjoncture plus favorable au développement de l’atome civil en Afrique. Le marché nucléaire africain, évalué à 22 milliards de dollars en 2026, suscite un intérêt croissant des investisseurs internationaux. La décision de la Banque mondiale de réouvrir ses possibilités de financement au secteur nucléaire élargit par ailleurs les perspectives pour les États qui souhaitent développer cette source d’énergie.
À Londres, le Togo devrait également mettre en avant l’organisation prochaine du Nuclear Energy Innovation Summit for Africa. Prévue à Lomé du 1er au 3 juin 2027, cette rencontre doit réunir des acteurs africains et internationaux autour des enjeux liés à l’innovation, au financement et au développement de l’énergie nucléaire sur le continent.
Cette initiative place le Togo dans une dynamique aux côtés de pays africains déjà engagés dans le nucléaire civil, notamment l’Égypte, l’Afrique du Sud, le Rwanda et le Kenya. Pour Lomé, l’enjeu est désormais de consolider les acquis institutionnels et réglementaires, de renforcer les compétences nationales et de développer des partenariats susceptibles d’accompagner, à terme, les ambitions du pays dans le domaine nucléaire.
La présence de Faure Gnassingbé à Londres devrait ainsi permettre au Togo de poursuivre son positionnement au sein des réseaux internationaux du nucléaire civil, tout en donnant davantage de visibilité aux réformes engagées et au rôle que Lomé entend jouer dans les discussions africaines sur l’avenir de cette filière.
