L’harmonisation des formations et la reconnaissance des diplômes occupent une place particulière dans les discussions sur l’intégration ouest-africaine. À l’ouverture de la deuxième session extraordinaire du Parlement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), sa présidente, Hadja Mémounatou Ibrahima, a mis en avant trois questions étroitement liées, l’alignement des curricula, l’équivalence des diplômes et la mobilité des jeunes au sein de l’espace communautaire.

Ces questions ont été évoquées lors des échanges entre la présidente du Parlement communautaire et la vice-présidente de la République du Ghana, la professeure Naana Jane Opoku-Agyemang. « Nos échanges ont porté sur les 25 ans du Parlement de la CEDEAO et sur ses missions essentielles », a déclaré Hadja Mémounatou Ibrahima, citant notamment les avis sur les saisines soumises à l’institution, l’examen du budget de la Commission de la CEDEAO et les missions de contrôle.
La présidente du Parlement a ensuite placé la jeunesse au centre de son propos. « Nous avons également abordé deux enjeux majeurs pour notre jeunesse : l’alignement des curricula et l’équivalence des diplômes au sein de l’espace communautaire », a-t-elle indiqué.
L’exemple choisi permet de mesurer la portée concrète de cette problématique. « Permettre à un diplômé de Lomé, d’Abuja ou de Dakar de voir ses compétences reconnues à Accra, c’est rendre concrète la libre circulation et bâtir, ensemble, une véritable CEDEAO des peuples », a déclaré la présidente du Parlement.
L’harmonisation des curricula constitue le premier volet de cette réflexion. Les systèmes éducatifs des États membres demeurent organisés selon des cadres nationaux, avec des programmes, des niveaux de formation et des mécanismes d’évaluation qui peuvent différer. Leur rapprochement faciliterait la comparaison des parcours et la lisibilité des qualifications obtenues dans les différents pays de la Communauté.
La question de l’équivalence des diplômes constitue le deuxième volet. Elle concerne directement les étudiants, les chercheurs et les travailleurs appelés à poursuivre leur parcours dans un autre État membre. Une meilleure reconnaissance des qualifications pourrait faciliter les admissions universitaires, les passerelles entre établissements et la valorisation des compétences sur les différents marchés du travail de la région.
Le troisième volet concerne la mobilité. La libre circulation constitue l’un des instruments de l’intégration régionale ouest-africaine. Mais la mobilité des personnes et des compétences suppose aussi que les qualifications obtenues dans un pays puissent être comprises et reconnues dans un autre.
C’est cette articulation entre formation, qualification et circulation des compétences que la présidente du Parlement communautaire entend placer dans le débat. La question ne relève donc pas uniquement des établissements d’enseignement. Elle touche également aux conditions dans lesquelles les jeunes peuvent construire un parcours académique ou professionnel à l’échelle de la région.

Les échanges d’Accra ont également porté sur les 25 années d’existence du Parlement de la CEDEAO. Hadja Mémounatou Ibrahima a rappelé les différentes missions de l’institution communautaire, notamment l’examen des saisines, du budget de la Commission de la CEDEAO et la conduite de missions de contrôle.
La rencontre avec la vice-présidente ghanéenne a par ailleurs été l’occasion pour la présidente du Parlement de saluer le rôle du Ghana et de rendre hommage au président John Dramani Mahama. Elle a également souligné la portée du parcours de Naana Jane Opoku-Agyemang. « En confiant la vice-présidence à une femme, le Ghana envoie un message fort à toute notre région : celui d’une Afrique qui fait confiance au leadership féminin », a-t-elle déclaré.
Elle a ajouté que le parcours de la vice-présidente ghanéenne « est une source d’inspiration pour des millions de jeunes filles ».
En plaçant simultanément l’harmonisation des formations, l’équivalence des diplômes et la mobilité des jeunes dans les discussions communautaires, Hadja Mémounatou Ibrahima relie ainsi une question technique des systèmes éducatifs à une préoccupation plus large liée à la circulation des compétences dans l’espace ouest-africain.
La présidente du Parlement a enfin exprimé sa reconnaissance aux autorités ghanéennes pour l’accueil réservé à la délégation communautaire et pour l’organisation de la session. « J’adresse mes sincères remerciements aux autorités ghanéennes pour l’accueil chaleureux et l’excellente organisation de cette session », a-t-elle déclaré.
