Le Togo a articulé son intervention à l’Assemblée générale des Nations unies autour de trois lignes fortes de sa diplomatie. Défense du droit international, recours à la médiation pour les crises africaines et promotion d’une représentation cartographique plus fidèle du monde ont structuré le message porté par le ministre des Affaires étrangères Robert Dussey, au nom du Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé.
Au cœur de cette prise de parole figure d’abord la question du multilatéralisme et de la place du droit dans les relations internationales. Robert Dussey a plaidé pour un ordre international dans lequel les engagements juridiques demeurent une référence commune, alors que les crises et les tensions mettent à l’épreuve les mécanismes de coopération entre États.

« Le droit international n’est pas un obstacle à la puissance ; il en garantit la légitimité, la prévisibilité et la stabilité », a déclaré le chef de la diplomatie togolaise. Une formulation qui résume la position défendue par Lomé sur la nécessité de préserver des règles communes dans un système international marqué par de profondes divergences.
La médiation constitue le deuxième volet du message togolais. Robert Dussey a rappelé l’implication de Faure Gnassingbé dans les efforts visant à rapprocher les positions et à favoriser des solutions politiques aux crises qui affectent plusieurs régions du continent. L’Afrique de l’Ouest, le Sahel et les Grands Lacs figurent parmi les espaces cités dans cette approche diplomatique.
« Le Président du Conseil, S.E.M. Faure Essozimna GNASSINGBE, s’emploie à promouvoir le dialogue, à rapprocher les positions et à contribuer à la recherche de solutions politiques aux crises qui fragilisent l’Afrique de l’Ouest, le Sahel et les Grands Lacs », a souligné Robert Dussey.
Le ministre a également présenté la médiation comme un instrument de responsabilité politique. « La médiation n’est pas une faiblesse ; elle est une expression de responsabilité », a-t-il affirmé, tout en défendant une implication accrue des acteurs africains dans la résolution des crises qui touchent le continent.
Cette approche rejoint la position selon laquelle les efforts engagés par les États africains doivent pouvoir bénéficier d’un accompagnement international sans que les solutions soient nécessairement définies à leur place. Pour Robert Dussey, l’Afrique doit pouvoir porter ses propres initiatives de paix et voir celles-ci reconnues et soutenues par ses partenaires.
La troisième dimension du discours concerne la cartographie. Elle s’appuie sur l’adoption, le 4 septembre, de la résolution « Correct the Map », portée par le Togo et approuvée par 164 voix à l’Assemblée générale des Nations unies.
Le texte ne redessine pas les frontières et ne modifie pas le statut des territoires. Il porte sur la manière dont les superficies du monde sont représentées sur les cartes et encourage une utilisation plus adaptée des projections cartographiques. Le débat porte notamment sur les distorsions visuelles produites par certaines projections lorsqu’elles représentent les territoires éloignés de l’équateur.
Robert Dussey a résumé cette préoccupation par une formule devenue centrale dans le plaidoyer togolais. « Une carte plus juste ne redessine pas les frontières du monde, elle transforme le regard que nous portons sur lui. »
Le Togo entend désormais prolonger l’adoption de la résolution par une réflexion associant États, Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, cartographes, historiens, éducateurs, jeunes et spécialistes de l’intelligence artificielle. L’objectif affiché consiste à renforcer le rôle des cartes dans la connaissance, l’éducation et la compréhension des réalités géographiques.
Cette dimension prend une importance particulière avec la place croissante des cartes numériques et des systèmes d’intelligence artificielle dans l’accès à l’information. Les représentations géographiques utilisées par les plateformes numériques participent en effet à la manière dont des millions d’utilisateurs appréhendent les territoires et leurs proportions.
Le vote du 4 septembre constitue ainsi l’un des résultats concrets mis en avant par la diplomatie togolaise. Le texte a recueilli 164 voix favorables, tandis que les États-Unis ont voté contre et six pays se sont abstenus.
Lomé entend poursuivre le dialogue avec les États ayant exprimé des réserves sur cette démarche. Le dossier cartographique devient ainsi un autre terrain de discussion au sein du système multilatéral, aux côtés des questions liées au droit international et au règlement pacifique des différends.
Du respect des normes internationales à la médiation des crises africaines, jusqu’à la représentation cartographique du monde, le discours de Robert Dussey a donc relié des sujets de nature différente autour d’une même approche diplomatique fondée sur le dialogue, la coopération et la recherche de cadres communs.
