Réunie à Bangkok, en Thaïlande, les 12 et 13 octobre, la rencontre parlementaire mondiale place au cœur des échanges l’autonomisation des populations et la résilience. La présidente du Parlement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Hadja Mémounatou Ibrahima, y défend des réponses concrètes aux défis budgétaires, à l’emploi des jeunes et au financement des entreprises.
« Dans un monde marqué par l’incertitude, la fragmentation géopolitique et de fortes pressions budgétaires, les parlements ont une responsabilité directe : transformer les engagements mondiaux en lois, en budgets et en résultats concrets pour nos citoyens », affirme-t-elle dans un message ce 12 octobre.

La hausse de la dette publique et les chocs économiques mondiaux limitent les marges de manœuvre des États ouest-africains. Face à ces contraintes, Mémounatou Ibrahima défend une mobilisation accrue des ressources intérieures et des capitaux privés pour financer le développement et préserver les moyens consacrés aux services publics.
Le financement des petites et moyennes entreprises figure parmi les priorités qu’elle soumet aux parlementaires. « Le financement de nos MPME, qui représentent l’essentiel des emplois dans notre région », souligne-t-elle. L’accès aux financements de ces entreprises est directement lié aux capacités de création d’emplois dans les économies de la sous-région.
La présidente du Parlement de la CEDEAO attire aussi l’attention sur les pertes de ressources provoquées par les circuits financiers illicites. Elle cite « la lutte contre la criminalité financière numérique et les flux financiers illicites, qui privent nos États de ressources vitales », parmi les domaines nécessitant une action concertée. Les recettes préservées peuvent contribuer au financement des investissements publics et des services essentiels.
L’avenir professionnel des jeunes constitue un autre volet de son intervention. Face aux transformations liées à l’intelligence artificielle, elle estime nécessaire d’adapter les formations aux évolutions du marché du travail. L’objectif est de mieux préparer les nouvelles générations aux compétences attendues dans des économies en mutation.
Pour défendre ces priorités, Mémounatou Ibrahima mise sur la coopération entre les États et sur le rôle de l’intégration régionale. « Le Parlement de la CEDEAO porte ici une conviction majeure, celle de l’intégration régionale et d’une coopération multilatérale renouvelée qui demeurent les meilleurs leviers pour une croissance inclusive, créatrice d’emplois et au service de nos 400 millions de citoyens », affirme-t-elle.
Le Forum parlementaire mondial se déroule en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Il est organisé avec le concours du Réseau parlementaire sur la Banque mondiale et le FMI, en collaboration avec les autorités thaïlandaises.
