Éric Dupuy, porte-parole de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), écarte pour l’heure une action commune entre les deux principaux regroupements de l’opposition. Les divergences portent sur la composition des organisations, l’interprétation d’un arrêt communautaire et l’attitude à adopter face à une éventuelle reprise du dialogue politique.
La perspective d’un front commun reste éloignée. Dans une déclaration publiée le 19 octobre, Éric Dupuy a défendu le maintien de démarches distinctes entre le Cadre national de concertation pour le changement (CNCC), auquel appartient l’ANC, et un autre regroupement réunissant plusieurs formations et mouvements d’opposition.
Le désaccord tient d’abord à la nature des deux ensembles. Le CNCC rassemble des partis politiques et des organisations de la société civile, parmi lesquels l’Alliance des démocrates pour un développement intégral (ADDI), les Forces démocratiques pour la République (FDR) et le Parti socialiste pour le renouveau (PSR). Le second groupe comprend la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP), la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), le Front « Touche pas à ma Constitution » et le parti Les Démocrates panafricains (LDP), auxquels s’ajoutent des personnalités indépendantes. Pour le porte-parole de l’ANC, cette différence de composition rend difficile l’élaboration d’une démarche commune.
Les divergences politiques se sont aussi accentuées autour de l’arrêt rendu le 29 janvier 2026 par la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur la réforme constitutionnelle togolaise de 2024. La juridiction communautaire a qualifié cette révision de changement inconstitutionnel de gouvernement au regard de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. La publication de la décision, en juin, a relancé les débats sur sa portée et sur les suites politiques à lui donner.
Un autre désaccord concerne l’hypothèse d’un nouveau dialogue politique proposé par les autorités. L’ANC et le CNCC préfèrent attendre une proposition officielle avant de prendre position, tandis que l’autre regroupement adopte une approche différente. Cette divergence complique davantage la définition d’un calendrier et d’une stratégie partagés par les différentes composantes de l’opposition.