La nouvelle directrice générale de la Société nationale de financement routier succède à Awima Atoute Outchantcha, à la suite de la transformation de la SAFER en juin 2026. Son expérience à la tête de l’Agence nationale de promotion et de garantie de financement des PME constitue un élément de son parcours, alors que la nouvelle structure est appelée à élargir les capacités de financement des infrastructures routières du pays.
La réforme du financement routier constitue le principal défi de ses nouvelles fonctions. Créée en 2012, la Société autonome de financement de l’entretien routier (SAFER) avait pour mission de mobiliser les ressources destinées à la conservation du réseau national. Les évaluations réalisées par les autorités ont toutefois relevé des limites face aux besoins croissants de construction, de réhabilitation et d’entretien des routes. Le décret adopté le 26 juin 2026 a donc créé la SONAFIR, dotée de prérogatives élargies pour diversifier les financements et développer des partenariats.
La nomination de Naka Gnassingbé de Souza place ainsi à la tête de cette nouvelle société une responsable qui a dirigé pendant plusieurs années l’Agence nationale de promotion et de garantie de financement des petites et moyennes entreprises (ANPGF). Sous sa direction, l’agence a développé des mécanismes destinés à faciliter l’accès des entreprises au crédit bancaire, en associant garanties financières et accompagnement technique. Selon les données publiées par l’institution, les financements mobilisés au profit des PME atteignaient 17,5 milliards de francs CFA pour 1 400 entreprises à la fin de 2024.
Cette expérience dans le financement des entreprises constitue un élément de son parcours, mais les missions de la SONAFIR obéissent à une autre échelle. La société devra contribuer à réunir les ressources nécessaires aux investissements routiers, dont les coûts dépassent souvent les capacités de financement immédiates de l’État. La diversification des instruments financiers et la recherche de partenariats figurent parmi les leviers prévus par la réforme.
La répartition des responsabilités avec l’Agence des travaux et de gestion des routes du Togo (AGEROUTE TOGO) sera déterminante. La SONAFIR doit assurer le financement des infrastructures, tandis que l’AGEROUTE TOGO est chargée de la maîtrise d’ouvrage déléguée des projets. Cette distinction vise à séparer la mobilisation des ressources de la conduite des travaux et à clarifier les compétences de chaque structure.
La prise de fonction de Naka Gnassingbé de Souza, le vendredi 23 octobre à Lomé, ouvre désormais la phase opérationnelle de cette réorganisation. La capacité de la SONAFIR à mobiliser des financements diversifiés et à les orienter vers les besoins prioritaires du réseau routier permettra d’apprécier la portée concrète de la réforme.
