La participation de Faure Éssozimna Gnassingbé, Président du Conseil, au sommet Russie-Afrique, prévu les 28 et 29 octobre à Moscou, intervient après une première session de la commission intergouvernementale entre Lomé et Moscou. Pour le Togo, l’enjeu est désormais de transformer le rapprochement diplomatique en échanges commerciaux, en investissements et en projets capables de soutenir son économie.
Les discussions engagées fin septembre à Lomé ont dessiné plusieurs pistes de coopération dans l’agriculture, l’énergie, les transports, l’industrie, l’éducation et les technologies. Deux mémorandums d’entente ont alors été signés, tandis que d’autres accords restaient en préparation. Le sommet russe offre une nouvelle occasion de préciser ces ambitions et d’en négocier les conditions concrètes.
Le transport figure parmi les dossiers susceptibles de présenter un intérêt direct pour le Togo. L’hypothèse d’un corridor reliant la Russie à l’Afrique de l’Ouest, avec un rôle pour le port de Lomé, pourrait ouvrir des débouchés supplémentaires aux opérateurs logistiques et renforcer les échanges avec les marchés de la sous-région. Cette perspective dépend toutefois de la capacité à établir des flux commerciaux réguliers, compétitifs et profitables aux entreprises togolaises.
L’agriculture constitue un autre terrain de coopération possible. Les échanges entre les deux pays portent notamment sur les engrais, la mécanisation et l’irrigation. Une coopération mieux structurée pourrait contribuer à améliorer l’accès aux intrants et les capacités de production. La transformation locale de certaines matières premières agricoles ou la mise en place d’activités liées aux fertilisants figurent aussi parmi les pistes évoquées, sans qu’un investissement précis ait été annoncé à ce stade.
L’industrie et les infrastructures occupent également une place dans les discussions. La visite d’une délégation russe à la Plateforme industrielle d’Adétikopé, fin septembre, a permis d’examiner des possibilités de partenariat. Pour Lomé, l’intérêt serait de faire déboucher ces échanges sur des engagements précis, avec des financements identifiés, des emplois locaux et une place effective pour les entreprises togolaises dans les chaînes de valeur.
Les perspectives concernent aussi l’énergie, les technologies numériques, la recherche et la formation. Des partenariats dans ces domaines pourraient soutenir les compétences locales et accompagner la modernisation de certains services. Leur portée dépendra néanmoins du contenu des accords, des moyens mobilisés et de la capacité à organiser un véritable transfert de savoir-faire.
Le sommet doit aussi permettre aux participants de définir les priorités de leur coopération pour la période 2027-2029. Pour le Togo, la question ne sera donc pas seulement celle de l’élargissement des relations avec Moscou, mais celle des bénéfices économiques qui pourront en être tirés.
