L’atmosphère est loin d’être sereine au sein de la Commune Golfe 2, à Lomé. Samedi, face à la presse, le premier adjoint au maire, Edoh Komi, par ailleurs président du mouvement citoyen La Voix des Sans Voix, a brisé le silence. Profitant de la présentation du bilan des six années de participation de son organisation à la gestion de la commune, il a pointé du doigt des « dérives graves » imputées au maire Konou Noukafou Kodjo. L’élu est allé jusqu’à saisir officiellement le ministre de l’Administration territoriale pour dénoncer ces pratiques.
Selon Edoh Komi, depuis l’arrivée de l’actuel maire à la tête de la Commune, il y a plus de sept mois, les principes de transparence et de collégialité hérités du défunt maire James Amaglo se sont effondrés. « Nous assistons à une politisation excessive de l’administration communale, à des recrutements sans concertation, et à des investissements engagés en dehors des plans adoptés », a-t-il déclaré devant les journalistes.
L’adjoint accuse son supérieur d’avoir marginalisé les autres membres de l’exécutif communal au profit d’un cercle restreint composé de proches et de responsables de comités de quartier. Dans sa lettre adressée au ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Chefferie traditionnelle, il cite notamment une vague de recrutements effectués entre juin et juillet 2025, incluant même le fils du préfet du Golfe.
Une alerte transmise au gouvernement
Dans sa note en date du 10 août 2025, Edoh Komi rappelle que plusieurs décisions récentes « contreviennent à la circulaire ministérielle du 23 juillet 2025 », qui enjoint les communes à une gestion rigoureuse et limitée aux affaires courantes en période transitoire. Il estime que le comportement du maire traduit « un sentiment d’impunité », renforcé selon lui par des protections politiques.
« Depuis la fin de mon intérim après le décès du maire James Amaglo, j’ai gardé le silence par sens de responsabilité. Mais aujourd’hui, l’intérêt de notre commune et les principes de bonne gouvernance m’obligent à parler », écrit-il dans son courrier.
Cette crise locale intervient alors que le Fonds d’Appui aux Collectivités Territoriales (FACT) mène, du 1er septembre au 25 octobre 2025, une mission de suivi-évaluation dans les communes du pays. L’objectif est de vérifier la régularité des investissements réalisés grâce aux dotations de l’exercice 2024. Ce calendrier donne une résonance particulière aux accusations d’Edoh Komi, qui s’inscrivent dans un débat plus large sur la gestion des ressources communales et la transparence dans la gouvernance locale.
Pour l’heure, le maire Konou Noukafou Kodjo n’a pas officiellement réagi aux accusations de son adjoint. Mais la situation à Golfe 2 met en lumière les tensions croissantes autour de la gestion municipale à l’approche de la fin du mandat communal.
Othniel
