Officiels, experts et acteurs nationaux se sont réunis jeudi et vendredi à Lomé dans le cadre d’un atelier de deux jours consacré au renforcement de la mise en œuvre des sanctions financières ciblées, un dispositif crucial dans la lutte contre le financement du terrorisme.
Bien que le Togo dispose d’un cadre juridique et réglementaire en la matière, une récente évaluation mutuelle a révélé que le dispositif national demeure peu opérationnel. Les principales difficultés identifiées incluent l’insuffisance du cadre juridique et institutionnel, la lenteur des procédures de notification aux parties concernées et une mobilisation incomplète des acteurs impliqués.
« Dans un contexte marqué par des attaques terroristes récurrentes, l’efficacité et la réactivité dans la mise en œuvre de ces sanctions apparaissent comme un impératif stratégique pour préserver la sécurité nationale », a souligné Tchaa Bignonsi Aquiteme, directeur de la Centif (Cellule nationale de traitement des informations financières).
Pour répondre aux exigences du Conseil de sécurité des Nations unies et du Groupe d’action financière (GAFI), le Togo a mis en place la Commission consultative sur les mesures de Gel administratif (CCGA). Cette instance a pour mission de coordonner l’application rigoureuse des sanctions financières ciblées, des mesures préventives indépendantes des procédures pénales qui visent à décourager les soutiens au terrorisme et à tarir leurs sources de financement.
« Ces mesures exigent la participation inclusive de tous les acteurs nationaux pour être efficaces », a déclaré M. Aquiteme, représentant le président de la CCGA lors de l’ouverture des travaux, appelant à une meilleure synergie entre les parties prenantes.
L’atelier ambitionne de clarifier les attributions des autorités compétentes, d’harmoniser les procédures et de renforcer la coopération entre acteurs publics et privés. L’objectif est de permettre au Togo d’appliquer les sanctions financières de manière rapide, rigoureuse et conforme aux standards internationaux.
« L’Afrique est préoccupée par l’incidence croissante du crime organisé, de la corruption, du terrorisme ainsi que l’effet néfaste que ces problèmes exercent sur la paix, la sécurité et le développement », a rappelé Akou Mawusse Adetou Afidenyigba, directrice de cabinet du ministre de l’Économie et des Finances, soulignant l’engagement de son ministère dans ce « combat de longue haleine ».
