Au Togo, la liberté d’expression sur les réseaux sociaux est de nouveau au cœur de l’actualité. Après un avertissement clair lancé récemment par le Procureur de la République, c’est au tour de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) de hausser le ton. Son président, Pitalounani Telou, a mis en garde les professionnels des médias contre les dérives observées dans leurs prises de parole sur les plateformes numériques.
Cette sortie publique, à la fois ferme et symbolique, souligne une volonté des autorités de rappeler les journalistes et animateurs à la prudence dans un espace numérique devenu, selon eux, un terrain glissant. « Il faut désormais tourner dix mille fois sa plume ou sa langue avant de publier ou commenter sur les réseaux sociaux », a-t-il averti, appelant à plus de responsabilité et de retenue.
Selon la HAAC, certains propos tenus par des professionnels sur des sujets sensibles pourraient mettre à mal la cohésion sociale ou porter atteinte à l’ordre public. Le régulateur insiste donc sur le respect de l’éthique journalistique, même en dehors des canaux traditionnels d’information.
Cette nouvelle mise en garde intervient dans un contexte où les réseaux sociaux prennent une place croissante dans le traitement de l’information au Togo, avec parfois des confusions entre opinions personnelles et contenus professionnels.
Pour les observateurs, ces rappels à l’ordre s’inscrivent dans une dynamique plus large de contrôle de l’espace médiatique, à l’approche d’enjeux politiques ou sociaux majeurs. Reste à voir si ces messages dissuasifs influenceront les pratiques des journalistes dans un pays où les débats en ligne sont de plus en plus suivis.
Othniel
