Le Palais des congrès de Lomé accueillera du 8 au 12 décembre 2025 le 9ᵉ Congrès panafricain. Organisé conjointement par le Togo et l’Union Africaine, cette rencontre se tiendra sous le haut patronage du Président du Conseil, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé.
Cette rencontre de haut niveau rassemblera des délégations venues du continent africain, de la diaspora ainsi que des communautés afro-descendantes du monde entier. L’objectif principal sera d’engager une réflexion collective sur l’avenir du continent et sa place dans l’architecture institutionnelle mondiale.
Le thème retenu pour cette édition reflète les enjeux contemporains auxquels l’Afrique est confrontée. Intitulé « Renouveau du panafricanisme et rôle de l’Afrique dans la réforme des institutions multilatérales : mobiliser les ressources et se réinventer pour agir », ce slogan traduit la volonté des organisateurs de replacer le continent au cœur des décisions internationales.
Cette édition constituera notamment un espace pour discuter du positionnement de l’Afrique dans les institutions multilatérales. Les participants examineront également la question sensible des réparations liées aux injustices historiques, un sujet qui suscite depuis plusieurs décennies des débats passionnés au sein des communautés africaines et afro-descendantes.
Les congrès panafricains constituent une tradition diplomatique établie depuis 1919, lorsque le tout premier rassemblement avait été organisé à Paris en marge de la Conférence de paix qui mettait fin à la Première Guerre mondiale. À l’époque, des figures comme l’intellectuel américain W.E.B. Du Bois et le député sénégalais Blaise Diagne avaient porté cette initiative visant à défendre les droits des populations africaines et à dénoncer le système colonial.
Au fil des décennies, ces rendez-vous ont rythmé les grandes luttes pour la décolonisation et l’émancipation du continent. Le cinquième congrès tenu à Manchester en 1945 est considéré comme le plus décisif, ayant notamment réuni des personnalités qui allaient devenir des chefs d’État dans leurs pays respectifs, à l’instar de Kwame Nkrumah au Ghana et Jomo Kenyatta au Kenya.
La dernière édition remonte à huit ans et s’était déroulée à Accra, capitale du Ghana. Entre-temps, les défis auxquels fait face l’Afrique se sont multipliés et complexifiés, rendant d’autant plus nécessaire cette nouvelle convocation des forces vives du panafricanisme.
Selon le ministre togolais des Affaires étrangères Robert Dussey, plusieurs raisons justifient la tenue de ce 9ᵉ Congrès, notamment le paradoxe entre la volonté affichée par l’Union africaine d’impliquer davantage les diasporas dans le développement continental et le sentiment d’abandon ressenti par plusieurs Afro-descendants.
Cette rencontre s’inscrit également dans le cadre de la Décennie 2021-2031 des racines africaines et de la diaspora africaine, une initiative portée par l’Union africaine avec le soutien actif du Togo. Le pays ouest-africain s’est particulièrement investi dans la promotion du panafricanisme ces dernières années, cherchant à faire de Lomé une plateforme de dialogue entre l’Afrique et sa diaspora mondiale.
Les travaux du congrès devraient aboutir à l’adoption de résolutions concrètes sur plusieurs thématiques essentielles. Parmi celles-ci figurent la réforme du système multilatéral actuel jugé défavorable aux intérêts africains, le renforcement de l’intégration économique régionale, ainsi que la mobilisation effective des ressources du continent et de sa diaspora pour accélérer le développement.
Dirigeants politiques, universitaires, juristes, représentants de la société civile et acteurs économiques sont attendus lors de cet événement qui ambitionne de redéfinir les contours d’un panafricanisme adapté aux réalités du XXIᵉ siècle. L’enjeu sera de passer d’une approche essentiellement symbolique à des actions tangibles susceptibles de transformer durablement la trajectoire du continent africain sur la scène internationale.
