La foire internationale de Lomé entre dans l’ère du numérique. La preuve s’en est donnée ce jeudi 4 décembre lors d’un panel qui a marqué la 20ᵉ édition de la Foire Internationale de Lomé. Face à un public attentif, plusieurs entreprises technologiques togolaises ont démontré comment l’innovation peut transformer radicalement l’expérience commerciale traditionnelle.
La question centrale du débat portait sur la modernisation des espaces d’exposition à travers le prisme de la digitalisation. Plutôt que de se contenter de discours théoriques, les intervenants ont présenté des solutions concrètes déjà opérationnelles sur le terrain.
Gozem ouvre la voie avec une billetterie repensée. Depuis trois ans, cette entreprise accompagne le CETEF dans sa mutation technologique. Yves Kokoayi, responsable marketing, explique que leur plateforme permet désormais d’acheter ses billets en prévente ou directement en ligne pendant toute la durée de l’événement. Fini les longues attentes aux guichets et les pertes de temps qui découragent les visiteurs.
Cette initiative s’inscrit dans un partenariat plus large avec Astecart, qui a développé e-fil, un système de billetterie entièrement dématérialisé. Lokossa Eastman, spécialiste de la transformation numérique au sein d’Astecart, va toutefois bien au-delà de cette simple facilité d’accès. Il envisage la digitalisation comme un tremplin économique capable de projeter les productions togolaises sur la scène internationale.
Concrètement, son entreprise propose aux exposants de bénéficier de sites web professionnels, de plateformes de visibilité commerciale et d’espaces d’exposition virtuels. L’objectif reste clair : maximiser le retour sur investissement des participants en élargissant leur audience bien au-delà des frontières nationales.
Cette vision rejoint celle défendue par Carlos Tay de l’Agence Togo Digital. Le responsable produits insiste sur la nécessité de créer une expérience immersive accessible depuis n’importe quel endroit. Grâce aux outils numériques, les citoyens pourront explorer les innovations présentées sans se déplacer physiquement. Une révolution qui promet de démocratiser l’accès à l’information commerciale.
L’Agence ne s’arrête pas là. Elle prévoit également de déployer des agents techniques dans les zones reculées du pays afin d’accompagner les populations qui n’ont pas encore franchi le pas du numérique. Cette approche inclusive reflète la volonté gouvernementale de réduire la fracture digitale entre les différentes régions du Togo.
La GIZ/ProdiGIT apporte quant à elle un soutien structurant aux entreprises engagées dans cette transition. Son représentant a détaillé les multiples actions menées pour permettre aux exposants de valoriser leurs produits de manière optimale. Les outils digitaux mis à disposition visent à enrichir l’expérience globale tout en améliorant les performances commerciales durant la foire.
Les discussions ont fait émerger une certitude partagée par tous les participants. La digitalisation ne constitue plus une simple option pour les événements commerciaux africains. Elle s’impose comme la condition sine qua non pour rivaliser avec les standards internationaux et offrir une expérience à la hauteur des attentes modernes.
