Le Centre hospitalier préfectoral d’Aného a accueilli du 8 au 13 décembre dernier une mission médico-chirurgicale de grande envergure. L’ONG AIMES-AFRIQUE y a déployé ses équipes pour offrir des soins spécialisés gratuits aux populations de la région.
Six journées de travail soutenu ont suffi aux équipes pour transformer le quotidien de centaines de malades. Beaucoup d’entre eux supportaient leur condition depuis des années, contraints de vivre avec la douleur ou le handicap faute de moyens financiers. Cette mission leur a ouvert une porte vers la guérison.
Sur le terrain, chirurgiens, anesthésistes et personnel paramédical se sont relayés du matin au soir. Leur efficacité a impressionné. L’organisation a réussi à réaliser jusqu’à 90 opérations en une seule journée, démontrant une maîtrise opérationnelle rare dans ce type de contexte humanitaire.

La chirurgie générale a mobilisé l’essentiel des ressources avec 224 patients traités. Les hernies dominaient largement les consultations, représentant 175 cas à elles seules. Cette pathologie, bien que bénigne en apparence, peut devenir invalidante lorsqu’elle n’est pas soignée. Les équipes ont aussi pris en charge 23 hydrocèles, 18 lipomes et plusieurs autres affections comme les goitres et les tumeurs.
Cinq femmes ont bénéficié d’interventions gynécologiques. Quatre souffraient d’utérus polymyomateux, une condition qui affecte la qualité de vie et peut entraîner des complications sérieuses. Une patiente a été opérée pour un nodule du sein. Ces actes s’inscrivent dans une démarche de santé reproductive essentielle pour les communautés locales.
L’ophtalmologie représentait un autre pilier de cette mission. 41 personnes ont retrouvé la vue ou évité la cécité grâce aux interventions pratiquées. La cataracte, traitée chez 29 patients, reste l’une des premières causes de déficience visuelle en Afrique subsaharienne. Les douze cas de ptérygion opérés complètent ce volet crucial dans la lutte contre la cécité évitable.

La présence d’étudiants doctorants de l’Institut des Hautes Etudes Internationales et de Développement de Genève a ajouté une dimension académique à la mission. Ces jeunes chercheurs en santé globale sont venus observer les pratiques sur le terrain et mesurer l’écart entre théorie universitaire et réalité médicale africaine. Leur immersion leur a permis d’apprécier la rapidité et la précision des équipes d’AIMES-AFRIQUE.
Cette ONG internationale, fondée par le Professeur honoraire Dr Serge Michel KODOM, médecin interniste, a établi son siège au Togo tout en développant une représentation européenne. Le bureau de Genève, géré par AIMES-AFRIQUE Suisse, coordonne les activités en Europe et facilite les partenariats avec les institutions suisses et internationales.
La stratégie de l’organisation repose sur une collaboration étroite avec les autorités sanitaires nationales. Cette approche permet de cibler les zones où les besoins sont les plus criants et d’intégrer les campagnes dans le système de santé existant plutôt que de fonctionner en parallèle.
Aného n’est qu’une étape dans un programme plus large. L’ONG multiplie ces missions à travers le territoire togolais, touchant des régions où l’accès aux soins spécialisés demeure problématique. Chaque intervention renforce la confiance des populations et démontre qu’un autre modèle de santé publique est possible.
Les 270 opérations réalisées représentent autant de vies changées. Pour ces patients, cette semaine marquera un tournant. Ils pourront reprendre leurs activités, retrouver leur autonomie et envisager l’avenir différemment. Au-delà des chiffres, c’est cette transformation humaine qui justifie la poursuite de telles initiatives.
