Le secteur agricole représente plus de 40% du Produit intérieur brut national selon plusieurs observateurs économiques. Cette contribution témoigne du poids de l’activité dans l’économie togolaise. Près d’un tiers de la population active travaille dans ce domaine, ce qui illustre son importance dans l’organisation du monde rural.
Le pays dispose d’un potentiel agricole considérable avec environ 3,6 millions d’hectares de terres cultivables. Cette superficie représente près de 60% du territoire national. Parmi ces terres, 1,4 million d’hectares sont emblavés pour des cultures vivrières et de rente.
La production agricole se caractérise par sa diversité. Les cultures de subsistance comprennent le manioc, l’igname, le maïs et le mil. Les cultures d’exportation incluent le coton, le café et le cacao. Cette variété contribue à la sécurité alimentaire et favorise l’insertion du pays dans les marchés régionaux et internationaux.
Le gouvernement lance le Programme de modernisation de l’agriculture au Togo (Promat) pour la période 2025-2034. Cette initiative vise à transformer le secteur en une agriculture productive à haute valeur ajoutée. Les objectifs concernent l’amélioration des rendements, le renforcement de la sécurité alimentaire et le développement des industries de transformation agroalimentaire.
Le programme prévoit également de faciliter l’accès des producteurs au financement et aux marchés. Ces mesures visent à créer les conditions d’une agriculture moderne et compétitive. Les actions s’appuient sur plusieurs leviers de développement identifiés par les responsables du secteur.
La mobilisation des intrants agricoles constitue un axe prioritaire. Le gouvernement maintient un soutien important pour la souveraineté alimentaire à travers la mise à disposition d’engrais NPK et d’Urée. En 2023, environ 109 000 tonnes d’engrais ont été distribuées au total sur le territoire national.
Une subvention de 17 milliards de francs CFA a été mobilisée en 2022 pour stabiliser les prix des engrais. Cette mesure permet aux agriculteurs d’accéder à ces intrants à des coûts maîtrisés. En 2020-2021, environ 100 000 tonnes d’engrais vivriers ont été fournies en collaboration avec le secteur privé.
La maîtrise de l’eau et la mécanisation figurent parmi les priorités du programme. Ces investissements visent à améliorer la productivité des exploitations agricoles. La promotion des investissements privés complète le dispositif pour dynamiser le secteur.
Plusieurs projets structurels se poursuivent dans le cadre de cette stratégie. Le Programme de résilience des systèmes alimentaires (FSRP) renforce la capacité du secteur à faire face aux chocs. Le Projet d’aménagement des retenues collinaires (PARC) améliore l’accès à l’eau pour les cultures.
Le Projet d’appui au mécanisme incitatif de financement agricole fondé sur le partage de risques (Promifa) facilite l’accès au crédit. Le Programme régional d’intégration des marchés agricoles (Prima) favorise les échanges commerciaux. Le développement de l’irrigation et la mise en place des Centres de transformation agricole (CTA) complètent ces initiatives.
L’agropole de Kara constitue un projet phare de cette transformation. Sa zone d’influence s’étend sur environ 165 000 hectares dans le bassin de la Kara. Le projet ambitionne de toucher directement environ 300 000 personnes et de créer plus de 25 000 emplois directs et indirects dans les filières de transformation.
Cette infrastructure vise à structurer la production et à développer la transformation locale des produits agricoles. Elle contribue à la création de valeur ajoutée et à l’amélioration des revenus des producteurs. Le projet illustre l’approche intégrée adoptée pour moderniser le secteur.
L’agriculture demeure une source essentielle de revenus pour les ménages togolais. Le secteur joue un rôle central dans la vie socioéconomique du pays. Les investissements prévus et les réformes engagées visent à renforcer cette position tout en améliorant la productivité et la compétitivité des exploitations.
