Le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, a lancé ce jeudi 26 février à Lomé la campagne 2026 de commercialisation de la noix de cajou. Cette cérémonie marque l’ouverture officielle du marché national de l’anacarde et fixe le cadre réglementaire des opérations pour l’ensemble de la saison.
La production nationale de noix de cajou connaît une progression remarquable. Elle est passée de 22 937 tonnes en 2019 à 45 000 tonnes en 2025, soit une hausse de plus de 96 % en six ans. Cette croissance témoigne des efforts déployés par les producteurs et confirme le rôle stratégique de la filière anacarde dans la diversification agricole du pays.
Cette évolution place le cajou parmi les cultures de rente qui contribuent à la croissance économique du Togo. Les activités génèrent des revenus pour des milliers de producteurs principalement installés dans les régions des Plateaux, de la Kara et des Savanes. La collecte, le conditionnement et l’exportation créent également des emplois dans les zones rurales.
Le prix producteur a été établi à 350 FCFA le kilogramme pour cette campagne. Ce tarif représente une baisse de 75 FCFA par rapport à la saison précédente où le prix s’établissait à 425 FCFA le kilogramme. Cette révision à la baisse tient compte de plusieurs paramètres économiques analysés en amont par les autorités et le Conseil interprofessionnel de la filière.
Mawuko Komlan Gozan, président du Conseil interprofessionnel de la filière anacarde au Togo, a expliqué la méthodologie utilisée pour fixer ce prix. Le tarif arrêté repose notamment sur l’analyse du compte d’exploitation d’un hectare d’anacardier. Cette approche vise à garantir la rentabilité minimale pour les producteurs malgré la baisse du prix d’achat.
Le gouvernement encourage la transformation locale du cajou à travers une mesure incitative. Le prix de cession aux unités industrielles est établi à 400 FCFA le kilogramme toutes taxes comprises. Cette disposition vise à stimuler le développement d’une industrie de transformation sur le territoire national plutôt que l’exportation massive de la noix brute.
Un volume plafonné à 8 125 tonnes a été réparti entre les entreprises de transformation installées au Togo. Ce quota permet d’orienter une partie de la production vers la création de valeur ajoutée locale. Les amandes transformées génèrent davantage de revenus que la noix brute exportée sans traitement.
La campagne 2026 se place sous le thème « Réglementation de la filière anacarde au Togo : rôles et responsabilités des parties prenantes ». Cette thématique vise à clarifier les attributions de chaque acteur impliqué dans la chaîne de valeur de ce produit agricole stratégique.
La saison couvrira l’ensemble des opérations de collecte, d’achat, de transformation et d’exportation de la noix brute ainsi que de ses produits dérivés. Cette période permettra aux différents acteurs de la filière de mener leurs activités dans un cadre réglementaire défini par les autorités.
Le ministre Badanam Patoki a insisté sur la nécessité d’améliorer la qualité des noix brutes produites au Togo. Cette amélioration doit permettre de renforcer la compétitivité du cajou togolais sur le marché international face à la concurrence d’autres pays producteurs de la sous-région.
Le développement de la transformation locale constitue un enjeu majeur pour le pays. Les unités industrielles installées sur le territoire créent de la valeur ajoutée et des emplois qualifiés. Elles nécessitent toutefois des investissements importants en équipements et en formation du personnel.
Le prix préférentiel accordé aux transformateurs locaux vise à compenser une partie de ces coûts supplémentaires. Cette mesure permet aux entreprises togolaises de rester compétitives face aux acheteurs étrangers qui exportent la noix brute pour la transformer dans leurs propres usines.
Le Conseil interprofessionnel de la filière anacarde au Togo joue un rôle central dans l’organisation du secteur. Cette structure rassemble les représentants des producteurs, des transformateurs, des exportateurs et de l’administration. Elle facilite le dialogue entre les différents acteurs et participe à la définition des règles qui encadrent la campagne.
La réglementation de la filière vise à éviter les pratiques qui pénalisent les producteurs. Elle permet de lutter contre les achats précoces avant l’ouverture officielle de la campagne et de garantir un prix minimum aux agriculteurs. Elle facilite également le contrôle de la qualité des noix commercialisées sur le territoire.
Les entreprises de transformation doivent respecter des normes de qualité strictes pour accéder aux marchés internationaux. Les amandes de cajou togolaises sont exportées vers l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie où elles sont appréciées pour leurs propriétés nutritionnelles et leur goût.
La campagne 2026 se déroule dans un contexte où les cours mondiaux de la noix de cajou connaissent des fluctuations. Les autorités togolaises doivent concilier la protection des revenus des producteurs avec la compétitivité des exportateurs sur les marchés internationaux.
Cette filière s’inscrit dans la stratégie de diversification agricole menée par le Togo depuis plusieurs années. Le pays cherche à réduire sa dépendance aux cultures traditionnelles comme le coton et à développer de nouvelles sources de revenus pour les populations rurales.
Les perspectives de croissance de la filière anacarde restent positives. Les superficies plantées continuent de s’étendre dans les régions favorables à cette culture. Les rendements progressent grâce à l’amélioration des techniques culturales et à l’utilisation de plants sélectionnés plus productifs.
