Intervenant ce 12 mars 2026 lors d’un télépont international organisé par l’Université d’État de Moscou sur les relations entre la Russie et les pays du Sahel, le sénateur togolais Innocent Kagbara a plaidé pour l’émergence d’un nouveau modèle de gouvernance africaine qu’il nomme l’africratie.
Selon lui, l’Afrique est entrée dans une « deuxième vague de décolonisation », qui ne concerne plus seulement l’indépendance politique, mais aussi la souveraineté économique, stratégique et intellectuelle du continent.
« Pendant trop longtemps, les modèles politiques et économiques appliqués à l’Afrique ont été pensés ailleurs. Il est temps que l’Afrique se redéfinisse par elle-même et pour elle-même », a déclaré le parlementaire togolais.
Pour Innocent Kagbara, cette dynamique est particulièrement visible dans les pays du Sahel, où les populations expriment leur volonté de reprendre la maîtrise de leur destin, de leurs ressources et de leurs choix sécuritaires.
Le sénateur a également dénoncé les contradictions de l’ordre international, estimant que l’application sélective du droit international fragilise la confiance entre les États.
Dans ce contexte, il considère que des partenariats fondés sur le respect de la souveraineté et la non-ingérence, notamment entre la Russie et les pays africains, peuvent contribuer à rééquilibrer les relations internationales.

Au-delà des alliances, Kagbara a insisté sur la nécessité d’une transformation interne du continent. L’africratie repose, selon lui, sur trois piliers : la souveraineté politique, la maîtrise économique et la valorisation du génie africain à travers l’éducation, la science et l’innovation.
« L’Afrique ne recevra pas sa place dans le monde. Elle devra la construire », a-t-il conclu.
