Le cadre juridique du secteur financier vient de franchir une étape décisive avec l’adoption définitive de deux textes structurants par Assemblée nationale du Togo. Réunis en séance plénière, les députés ont validé à l’unanimité, en seconde lecture, la loi encadrant la microfinance et celle relative à la répression du faux monnayage. Ces textes avaient préalablement été examinés et adoptés par le Sénat du Togo le 18 mars dernier.
Avec cette double adoption, les autorités entendent consolider durablement un secteur financier en pleine mutation, confronté à la fois à des défis de régulation, de sécurité et d’inclusion.
La réforme de la microfinance répond à l’essor rapide de ce segment devenu essentiel pour l’accès aux services financiers, notamment pour les populations exclues du système bancaire classique. Le nouveau dispositif introduit des exigences accrues en matière de gouvernance, de transparence et de supervision des institutions. Il impose également des mécanismes renforcés de contrôle interne, tout en intégrant des obligations strictes liées à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Au-delà de l’encadrement institutionnel, cette loi vise à sécuriser l’épargne des usagers et à restaurer la confiance dans un secteur clé pour l’autonomisation économique des femmes, des jeunes et des acteurs du secteur informel.
En parallèle, la loi sur la répression du faux monnayage vient moderniser l’arsenal juridique face à une menace devenue plus complexe et souvent transfrontalière. Le texte couvre désormais l’ensemble des formes de falsification, incluant non seulement les billets et pièces, mais aussi les instruments de paiement électroniques. Il prévoit des sanctions adaptées à la gravité des infractions et renforce les mécanismes de coopération entre États de l’espace Union Monétaire Ouest-Africaine, afin de mieux lutter contre les réseaux criminels organisés.
L’adoption de ces deux lois s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation du cadre financier, en complément des dispositifs déjà en place en matière de lutte contre les flux financiers illicites. Elle participe à la construction d’un système plus robuste, capable de soutenir la croissance économique tout en garantissant la sécurité des transactions.
Pour Essowé Georges Barcola, ce vote marque une avancée significative. Il offre au pays des outils juridiques adaptés aux réalités actuelles et renforce les fondements d’un système financier à la fois inclusif, transparent et résilient.
