Le Togo a présenté vendredi 27 mars 2026 à l’hôtel 2 Février de Lomé les résultats du rapport Women, Business and the Law 2026 de la Banque mondiale. La cérémonie, présidée au nom du Président du Conseil par la ministre secrétaire générale de la Présidence du Conseil, Mme Sandra Ablamba Johnson, s’est déroulée en présence du représentant résident de la Banque mondiale au Togo, Antonius Verheijen, ainsi que des principaux acteurs engagés dans la promotion des droits des femmes. Le rapport classe le Togo au deuxième rang des économies d’Afrique subsaharienne pour la qualité de son cadre juridique en faveur des femmes avec un score de 79,33 sur 100.

Le Togo devance des nations reconnues comme l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, le Rwanda et le Kenya, se positionnant juste derrière l’île Maurice qui obtient 82,30 sur 100. Cette performance confirme la solidité du cadre juridique togolais en matière d’égalité économique.
La ministre Sandra Ablamba Johnson a souhaité la bienvenue aux participants au nom du Président du Conseil, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé. Elle a exprimé sa profonde gratitude au Groupe de la Banque mondiale pour son appui constant dans la mise en œuvre des actions de développement économique et social du pays.

« Le Président du Conseil a fait de l’inclusion une de ses priorités comme le précise l’axe 1 de la Feuille de route gouvernementale 2020-2025 consacré au renforcement de l’inclusion sociale, économique et financière », a déclaré la ministre. Elle a rappelé que selon le cinquième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-5) de 2022, les femmes représentent 51,3% de la population togolaise.
L’édition 2026 du rapport introduit une méthodologie révolutionnaire baptisée WBL 2.0. Contrairement aux versions antérieures qui se limitaient à l’examen des textes législatifs, cette nouvelle approche mesure également l’application concrète de ces lois et les structures institutionnelles censées les faire vivre.

Le représentant résident de la Banque mondiale au Togo, Antonius Verheijen, a salué les avancées remarquables réalisées par le pays en matière d’égalité économique entre hommes et femmes lors de cette présentation officielle. Le responsable de l’institution financière internationale a souligné les progrès accomplis grâce aux réformes adoptées en faveur des droits économiques des femmes ces dernières années.
La période 2023-2025 a marqué un tournant décisif dans l’évolution du cadre législatif togolais. La protection contre le licenciement lié à la grossesse, le financement intégral du congé de maternité par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale et l’égalité d’accès au crédit bancaire figurent parmi les avancées majeures saluées par la Banque mondiale.

La flexibilité des arrangements de travail et la reconnaissance légale du travail domestique non rémunéré dans le cadre matrimonial constituent d’autres innovations juridiques valorisées dans le rapport. Sur le continent africain, seulement douze pays ont légiféré sur le droit à demander des modalités de travail flexible.

« Les lois sont en mouvement. Les réformes s’accélèrent. Mais la loi seule ne crée pas d’emplois, n’ouvre pas de crèches, ne garantit pas la sécurité d’une femme qui rentre du travail le soir », a déclaré Antonius Verheijen, représentant résident de la Banque mondiale au Togo.
L’innovation méthodologique révèle toutefois un écart préoccupant entre les lois écrites et leur application. Alors que le cadre juridique togolais obtient 79,33 points sur 100, le cadre institutionnel de soutien affiche seulement 31,95 points, en dessous de la performance moyenne régionale.

Les infrastructures de garde d’enfants et les dispositifs de sécurité pour les femmes nécessitent des interventions urgentes selon l’analyse présentée vendredi à Lomé. Ces secteurs accusent un retard significatif qui entrave la pleine participation économique féminine.
La ministre Sandra Johnson a reconnu que ces résultats ne doivent pas amener le pays à rester dans l’autosatisfaction. « Les défis et les marges de progression restent encore importants comme le relève le rapport, notamment dans l’effectivité réelle des droits sur le terrain », a-t-elle souligné.
Le gouvernement entend consolider les acquis à travers plusieurs initiatives structurantes qui seront déployées en 2026 dans le cadre du programme SWEDD+. L’École de la chance au profit des filles déscolarisées, la délivrance d’actes de naissance aux filles et aux femmes, ainsi que des appuis aux femmes agricultrices, transformatrices et commerçantes vulnérables figurent parmi ces actions.

Au cours de la décennie à venir, 1,2 milliard de jeunes dont la moitié sont des filles rejoindront le marché de l’emploi en Afrique subsaharienne. La Banque mondiale estime que l’autonomisation économique des femmes représente un levier majeur de croissance et de réduction de la pauvreté.
Cette distinction internationale conforte l’engagement du gouvernement togolais en faveur de l’égalité des sexes et encourage la continuation des efforts pour transformer les droits proclamés en opportunités réelles accessibles à toutes les femmes du pays.
