Le gouvernement affiche un taux d’exécution global de 68,79% pour sa Feuille de route 2020-2025. Ce résultat prend toute sa dimension lorsqu’on le replace dans le contexte des cinq dernières années. La pandémie de COVID-19 a paralysé l’économie mondiale en 2020 et 2021, provoquant une contraction des échanges commerciaux.
La guerre en Ukraine, qui a éclaté en février 2022, a ensuite créé des ondes de choc sur les marchés des matières premières avec une flambée des prix de l’énergie et des denrées alimentaires. Les menaces sécuritaires dans la sous-région ouest-africaine ont complété ce tableau de crises, obligeant le Togo à renforcer son dispositif militaire et sécuritaire au détriment d’autres secteurs.
Plusieurs domaines ont néanmoins enregistré des progrès notables. L’agriculture a bénéficié de programmes de mécanisation et d’amélioration de la productivité. Le secteur énergétique a vu sa capacité de production augmenter grâce à des investissements dans les infrastructures. Les technologies de l’information ont connu un essor avec le développement de la connectivité numérique et l’émergence d’un écosystème de start-ups. La santé et l’éducation ont également fait l’objet d’investissements soutenus, tandis que la modernisation de l’administration publique s’est poursuivie avec la dématérialisation progressive des procédures. L’amélioration du climat des affaires a contribué à attirer des investissements étrangers dans certaines filières.
Lors du séminaire gouvernemental des 7 et 8 avril 2026, le Président du Conseil Faure Gnassingbé a souligné que ces résultats, bien que réels, appellent à une élévation du niveau d’exigence. La qualité de la formulation des programmes gouvernementaux, la lisibilité des priorités publiques et la rigueur dans l’exécution des projets constituent désormais des impératifs pour la période à venir. La sélectivité des priorités, la qualité des indicateurs de suivi, la coordination intersectorielle et la discipline dans l’exécution ont été identifiées comme les leviers déterminants pour accroître l’efficacité de l’action publique.
La nouvelle Feuille de route 2026-2031 place la souveraineté alimentaire et énergétique parmi ses priorités. Face à la dépendance aux importations qui expose le pays aux variations brutales des cours mondiaux, le renforcement de l’autonomie dans ces domaines stratégiques apparaît comme une condition de stabilité à long terme. Le développement du capital humain, la mobilisation des ressources intérieures et le renforcement de la souveraineté numérique complètent ce dispositif. Le gouvernement cherche ainsi à réduire les vulnérabilités structurelles révélées par les chocs des dernières années pour construire une économie plus résiliente et mieux préparée aux défis du XXIème siècle.
