L’amphithéâtre Prof. Ampah-Johnson de l’Université de Lomé a accueilli ce lundi 13 avril 2026 la première d’une série de conférences consacrées à la lutte contre la corruption. Cette initiative portée par la Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPULCIA) en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale s’inscrit dans un projet d’intégration de cette thématique dans les programmes de l’enseignement supérieur. Les rencontres se dérouleront du 13 au 17 avril et cibleront spécifiquement les étudiants en formation initiale.

Le juge Kimelabalou Aba, président de la HAPULCIA, a pris part à cette rencontre inaugurale aux côtés de spécialistes de la lutte contre la corruption et d’enseignants-chercheurs. Le public étudié s’est mobilisé en nombre pour cette séance qui marque une nouvelle approche pédagogique. La conférence a réuni les étudiants de première année de Licence en Droit, en Science politique, en formation des enseignants du secondaire ainsi que les apprenants du cycle 2 de l’École Nationale d’Administration.
Le Dr Déla Sorsy a animé cette première session placée sous le thème « Problématique de la lutte contre la corruption : enjeux et défis ». Le Dr Kouawo Candide Achille Ayayi a assuré la modération de cette rencontre organisée sous forme de séminaire interactif. Cette formule pédagogique permet aux étudiants de participer activement aux débats plutôt que de subir un cours magistral classique. L’objectif vise à ancrer les notions d’éthique et d’intégrité dès le début du parcours académique.

Le conférencier a présenté les différentes manifestations de la corruption dans la société togolaise. Il a détaillé le cadre légal qui encadre la lutte contre ce phénomène. Le dispositif institutionnel mis en place pour y faire face a également été exposé aux étudiants. Ces futurs cadres de l’administration, de la justice et de l’enseignement découvrent ainsi les outils juridiques et institutionnels à leur disposition.
Les échanges ont particulièrement porté sur les stratégies de prévention. Cette dimension préventive constitue le cœur du projet porté par la HAPULCIA. Former les jeunes avant leur entrée dans la vie professionnelle permet de créer une culture de l’intégrité. Cette approche contraste avec les méthodes répressives qui interviennent après les faits. Le Togo mise sur l’éducation pour construire une génération de cadres imperméables aux tentations corruptives.
L’intégration de modules dédiés à la promotion de l’éthique et de la bonne gouvernance dans les programmes de formation traduit cette volonté. Les étudiants de première année découvrent ces notions au même titre que les matières fondamentales de leur discipline. Cette inscription dans les curricula garantit que tous les futurs diplômés auront reçu cette formation de base. L’initiative transforme la lutte contre la corruption en composante structurelle de l’enseignement supérieur togolais.
Les quatre journées de conférences permettront d’aborder différents aspects de cette problématique. Chaque session ciblera des publics spécifiques selon leur filière de formation. Cette adaptation aux réalités de chaque secteur rend le message plus concret pour les étudiants. Un futur enseignant ne sera pas confronté aux mêmes situations qu’un futur magistrat ou qu’un futur administrateur. La diversité des approches enrichit le dispositif global.

Cette première conférence marque le lancement effectif du projet d’intégration de l’éducation à la lutte contre la corruption dans l’enseignement supérieur. La HAPULCIA démontre ainsi sa volonté d’intervenir en amont plutôt qu’en aval. Former les étudiants à reconnaître et à refuser la corruption avant leur entrée dans la vie active constitue un investissement à long terme. Cette génération formée à l’intégrité dès l’université contribuera à transformer progressivement les pratiques dans l’administration et les entreprises togolaises.
