La réorganisation progressive de l’opposition togolaise ouvre de nouveaux débats sur les stratégies à adopter face au pouvoir. Invité de l’émission Audi-Actu sur Victoire FM, Georges William-Kouessan a salué l’apparition de deux blocs politiques, tout en appelant à une méthode différente de celle portée jusque-là par les regroupements existants.
Le président du parti Santé du Peuple considère cette évolution comme une rupture avec les divisions qui ont longtemps marqué l’opposition. « C’est bien d’avoir ces deux blocs. Il y a quelques temps, les partis politiques étaient éparpillés. On a toujours souhaité l’existence d’un seul bloc de l’opposition », a-t-il déclaré au cours de l’émission.
Pour autant, le responsable politique estime que la seule logique de regroupement ne peut suffire à créer une dynamique durable. Il plaide plutôt pour une révision des approches utilisées dans le combat politique.
« Nous pensons qu’il faut changer de paradigme dans la lutte. Je ne peux pas tout dévoiler, nous sommes en train de réfléchir », a affirmé Georges William-Kouessan.
Cette orientation rejoint les positions déjà défendues par son parti ces dernières années. En 2020, Santé du Peuple avait proposé une candidature issue de la société civile. Trois ans plus tard, la formation évoquait une « cohabitation concertée » avec le pouvoir. Pour son président, cette option aurait pu modifier l’évolution politique récente du pays.
Le dirigeant politique estime également que le passage au régime parlementaire a révélé certaines incohérences au sein de l’opposition. « Ce changement de régime a bousculé nos repères. Les gens sont allés aux élections sous une Constitution qu’ils avaient dénoncée quelques mois plus tôt », a-t-il relevé.
Face à cette situation, Georges William-Kouessan défend une ligne qu’il présente comme ferme sur les principes, mais ouverte au dialogue. « J’ai des principes sur lesquels je ne transige pas, mais je suis pour la concertation dans l’intégrité avec le parti au pouvoir », a-t-il expliqué.
