La plus grande démocratie du monde accepte de partager son expérience avec le Togo. L’ambassadeur indien Sayed Razi Haider Fahmi s’est rendu jeudi 7 mai 2026 chez le Garde des Sceaux Pacôme Yawovi Adjourouvi pour discuter de l’accompagnement de New Delhi dans la mise en place du régime parlementaire togolais.
Le Togo cherche des modèles pour réussir sa mutation institutionnelle. L’Inde, avec ses traditions parlementaires éprouvées depuis des décennies, représente une référence naturelle. Le pays compte parmi les plus anciennes démocraties parlementaires de la planète et son système a fait ses preuves malgré sa complexité.
Le ministre de la Justice a salué cette visite comme une preuve du dynamisme des relations bilatérales. Il a souligné l’importance de l’appui indien dans le processus de mise en œuvre du régime parlementaire. Les échanges ont porté sur les perspectives de coopération en matière de gouvernance démocratique et de fonctionnement des institutions parlementaires.

L’ambassadeur indien a félicité Pacôme Adjourouvi pour sa nomination à la tête du département de la Justice et des Droits Humains. Il a réaffirmé la disponibilité de son pays à consolider la collaboration avec le Togo. New Delhi considère Lomé comme un partenaire sérieux engagé dans la consolidation de ses institutions démocratiques.
Cette rencontre prolonge une mission effectuée en août 2024 par une délégation togolaise en Inde. Ministres, parlementaires, juges de la Cour constitutionnelle et conseillers s’étaient rendus sur place pour étudier les traditions et pratiques parlementaires indiennes. L’objectif consistait à comprendre comment fonctionne concrètement un système parlementaire mature.
Les autorités indiennes avaient alors rappelé un principe fondamental. « Dans une démocratie, le Parlement demeure l’expression des aspirations souveraines des citoyens. » Cette formule résume la philosophie que le Togo entend adopter en transformant ses institutions. Le passage d’un régime présidentiel à un système parlementaire nécessite des ajustements profonds dans la répartition des pouvoirs et le fonctionnement quotidien des organes de l’État.
L’expertise indienne couvre plusieurs domaines. Elle touche au cadre juridique qui organise les relations entre l’exécutif et le législatif, aux règles de fonctionnement des assemblées, aux mécanismes de contrôle parlementaire et aux procédures de formation des gouvernements. Ces questions techniques exigent des réponses précises que seule l’expérience peut apporter.
La collaboration entre les deux pays devrait se poursuivre dans les mois à venir. Des experts indiens pourraient être sollicités pour accompagner les acteurs togolais dans la phase pratique de mise en œuvre du nouveau régime. Les formations, les échanges d’expériences et les conseils techniques figurent parmi les modalités envisagées pour faciliter cette transition institutionnelle.
