La capitale togolaise abrite depuis ce lundi 18 mai un atelier régional de quatre jours consacré aux systèmes de paiement des prestations sociales. Organisée par la Banque mondiale en partenariat avec le gouvernement togolais, la rencontre réunit des experts du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal, du Tchad et du Togo, ainsi que des représentants de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Au programme, quatre jours d’échanges autour des défis liés à la modernisation des dispositifs de versement des aides sociales, dans un environnement marqué par des crises économiques, sanitaires, climatiques et sécuritaires. Les discussions couvriront l’efficacité des paiements, l’inclusion financière, la gouvernance des mécanismes et le rôle des infrastructures numériques publiques.
C’est la ministre de l’Efficacité du Service Public et de la Transformation Numérique, Cina Lawson, qui a ouvert les travaux. Elle a mis en avant l’évolution du sens même des appuis sociaux, qui dépassent désormais la seule logique administrative pour devenir un levier de justice sociale, de résilience économique et d’inclusion financière. « Lorsque les prestations sociales sont numériques, sécurisées et accessibles, elles peuvent apporter un changement durable dans la vie des bénéficiaires », a-t-elle déclaré.
La ministre est également revenue sur l’expérience du programme Novissi, déployé lors de la pandémie de Covid-19 pour assurer des transferts monétaires d’urgence via mobile money. Salué à l’échelle internationale, le programme avait mobilisé des outils d’intelligence artificielle, des données géospatiales et des informations issues des métadonnées mobiles pour identifier rapidement les populations vulnérables. Jusqu’en 2022, près de 820 000 personnes avaient bénéficié de plus de 13 milliards de francs CFA.
Ce retour d’expérience illustre précisément ce que la Banque mondiale entend valoriser à travers cette rencontre. Son représentant résident au Togo, Antonius Verheijen, a posé le cadre avec une formule directe. Selon lui, « le paiement est le moment de vérité de la protection sociale », car c’est à ce stade que l’engagement de l’État envers les plus vulnérables prend forme concrète.
Pour l’institution financière internationale, la digitalisation des paiements sociaux est aujourd’hui un levier pour réduire les délais, améliorer la transparence, limiter les fuites et favoriser l’autonomisation des bénéficiaires, en particulier des femmes et des groupes vulnérables. Les échanges de Lomé doivent ainsi permettre aux pays participants de partager leurs expériences et d’envisager des systèmes plus intégrés, mieux adaptés aux réalités locales.
L’objectif à l’horizon 2030 est de contribuer à l’ambition affichée par la Banque mondiale de permettre à 500 millions de personnes dans le monde de bénéficier de systèmes de protection sociale renforcés.
