Le Conseil des ministres tenu mardi 26 mai 2026 sous la présidence de Faure Essozimna Gnassingbé, du Conseil, a examiné et adopté quatre décrets reflétant les priorités gouvernementales. Ces textes concernent la transformation de l’enseignement supérieur, la facilitation de la mobilité régionale, la consolidation de la gouvernance locale et le renforcement de la protection environnementale.

La création de l’École Polytechnique de Lomé (EPL) constitue la mesure phare de cette session. Cette nouvelle institution résulte de la fusion de l’École Nationale Supérieure d’Ingénieurs (ENSI) et du Centre Informatique et de Calcul (CIC) de l’Université de Lomé. Le gouvernement poursuit ainsi sa politique de modernisation de l’enseignement supérieur en renforçant la formation des compétences techniques et technologiques nécessaires à l’industrialisation du pays.
L’EPL formera des cadres supérieurs dans des domaines stratégiques alignés sur les besoins du marché du travail. Les cursus couvriront le génie civil, l’électrique, la mécanique, l’informatique, les procédés industriels ainsi que les mines et la géologie. Les programmes privilégieront une pédagogie combinant théorie académique et pratique en laboratoire. Les périodes d’immersion en milieu professionnel prépareront les futurs ingénieurs aux réalités opérationnelles.

En parallèle, le Conseil a approuvé un décret facilitant la circulation des personnes en Afrique. Les ressortissants des États africains bénéficieront d’une exemption de visa pour une durée de trente jours sur présentation d’un passeport valide. Cette mesure s’inscrit dans la vision gouvernementale de positionner le Togo comme plateforme régionale pour les échanges économiques, touristiques et culturels.
Les contrôles aux frontières resteront en vigueur pour préserver l’ordre public et la sécurité nationale. Les autorités conservent leurs prérogatives pour refuser ou limiter l’entrée de personnes constituant une menace. L’exemption pourra être suspendue en cas de risque pour les intérêts fondamentaux du Togo. Cette approche équilibrée combine ouverture et sécurité.
Le Conseil a également reconnu 15 chefs de canton par des procédures combinant traditions coutumières et consultation populaire. Ces décrets confèrent une légalité officielle aux autorités traditionnelles tout en respectant les usages locaux. Les chefs de canton pourront désormais exercer pleinement leurs responsabilités dans le cadre de la gouvernance locale décentralisée.

La dernière décision portait sur la modernisation du corps des agents des eaux et forêts. Face à l’ampleur des défis environnementaux, le gouvernement restructure ce personnel pour améliorer son efficacité. La réorganisation vise à renforcer la surveillance et l’intervention dans la protection des ressources naturelles sur l’ensemble du territoire. Les missions du corps s’étendent de la gestion durable des forêts à la sensibilisation des populations.
Ces quatre décrets démontrent la volonté gouvernementale d’agir sur plusieurs fronts complémentaires. L’enseignement supérieur se transforme pour produire les cadres nécessaires à la transformation économique. La mobilité régionale s’accroît pour promouvoir l’intégration africaine. La gouvernance locale se renforce par la reconnaissance officielle des autorités traditionnelles. La protection environnementale reçoit des moyens renforcés pour préserver le patrimoine naturel.

L’examen du projet relatif au corps des eaux et forêts se poursuivra lors d’une prochaine séance du Conseil. Les discussions permettront de finaliser les dispositions avant l’adoption définitive. Cette approche progressive assure une réflexion approfondie avant la mise en œuvre des réformes administratives.
