Le journaliste togolais Loïc Lawson a été élu président de l’Union Internationale de la Presse Francophone (UPF) ce vendredi 29 mai 2026 lors de l’assemblée générale. Cette élection place pour la 1ère fois un ressortissant togolais à la tête de cette institution fondée en 1950 et reconnue par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et par l’Organisation des Nations Unies (ONU).
Le scrutin a mobilisé une quarantaine de délégations à jour de leurs cotisations parmi les 80 pays membres présents au conclave marocain. Les votes sont venus de tous les continents de la francophonie. Le Rwanda, le Cameroun, le Sénégal, le Niger, le Burkina Faso, la Guinée, Djibouti, le Tchad, le Togo, la Mauritanie et le Congo-Brazzaville ont représenté l’Afrique. L’Europe a voté à travers la Bulgarie, Monaco, l’Arménie, la Serbie, la Croatie et la Moldavie. L’Asie a participé via le Vietnam. Le Maghreb a apporté les voix du Maroc, de la Tunisie et de l’Algérie.
Loïc Lawson succède à la présidente sortante marocaine Meriem Oudghiri après avoir devancé ses concurrents venus de Côte d’Ivoire et de Guinée. Cette victoire récompense 7 années de direction de l’UPF-Togo, de mai 2019 à janvier 2026, qui lui ont forgé une connaissance approfondie des réalités des rédactions africaines.
Le nouveau bureau exécutif reflète un équilibre géographique. L’Algérie assure la vice-présidence Maghreb, consolidant la représentation du nord du continent. Le Sénégal occupe la vice-présidence Afrique subsaharienne, portant la voix de la région la plus représentée au sein de l’organisation. La Guyane prend en charge la vice-présidence Caraïbes, garantissant la présence des Amériques francophones. La Vallée d’Aoste représente quant à elle l’Europe à ce niveau de direction. Cette répartition continentale témoigne d’une volonté d’inclusion dans la gouvernance renouvelée de l’institution.
Au poste de secrétaire général international, la candidature du représentant français a été invalidée pour manquement aux conditions requises. La République Démocratique du Congo (RDC) remporte finalement ce poste stratégique, avec à sa tête une femme. Cette élection place l’Afrique centrale au cœur de l’administration de l’UPF et renforce la dimension africaine du nouveau bureau.
Le nouveau président hérite d’une institution fragilisée par des années de difficultés organisationnelles. La mauvaise gestion, des choix stratégiques contestés et des textes inadaptés ont affaibli la structure. La réorganisation profonde de l’UPF constitue le premier défi auquel Lawson devra s’atteler dès sa prise de fonction.
Cette remise à niveau exige une vision claire et une volonté ferme. Les statuts devront être révisés pour adapter l’organisation aux réalités contemporaines du journalisme. Les mécanismes de gouvernance financière devront être renforcés pour restaurer la confiance des membres. Les relations avec les délégations nationales devront être restructurées pour redonner du sens à l’appartenance à l’UPF.
Au-delà de la réorganisation interne, les défis du secteur médiatique attendent également le nouveau président. La désinformation progresse dans l’espace francophone. La précarité des journalistes s’aggrave avec la transformation des modèles économiques. La transition numérique impose des adaptations rapides aux rédactions. Ces enjeux exigeront des réponses coordonnées à l’échelle des 80 pays membres.
Le nouveau président, Loïc Lawson, avait exposé sa feuille de route avant le scrutin. « Notre union a un rôle décisif à jouer face aux mutations du métier. Je connais la réalité des rédactions, les attentes des confrères de terrain, et l’importance du lien entre le comité international et le bureau international », avait-il déclaré dans son dossier de candidature. Ces engagements deviennent désormais des obligations.
L’UPF s’apprête par ailleurs à célébrer ses 80 ans d’existence. Cette commémoration offre au nouveau président une tribune pour affirmer le renouveau de l’institution. Elle constitue une occasion de rassembler les membres autour d’une vision partagée. Elle peut marquer le début d’une nouvelle dynamique pour l’organisation.
Cette victoire de Loïc Lawson représente une reconnaissance du journalisme togolais sur la scène internationale. Elle démontre que les professionnels des médias du pays peuvent prétendre aux responsabilités les plus élevées dans les organisations mondiales. Elle ouvre la perspective d’une influence togolaise accrue dans les débats sur l’avenir de la presse francophone.
