Le gouvernement togolais poursuit son engagement envers l’éducation des enfants à travers l’alimentation. Entre 2024 et 2025 dans la région centrale, le nombre d’élèves bénéficiaires des cantines scolaires a progressé de 15 336 à 17 352, une hausse de 2 016 enfants supplémentaires représentant une croissance de 13,15 pour cent. Cette progression traduit un élargissement mesurable et maîtrisé du programme dans une région qui compte 795 529 habitants selon le dernier recensement national.
L’évolution de ces chiffres revêt une signification qui dépasse les statistiques. Chaque élève supplémentaire intégré au dispositif signifie un jeune qui mangera à sa faim pendant sa journée d’école. Cela signifie également un parent qui réduira sa charge quotidienne et une famille pour laquelle le repas scolaire devient un appui tangible plutôt qu’une promesse éloignée.

Sur le terrain, le programme se manifeste par des réalités concrètes. Dans les écoles de la région centrale, les cantines fonctionnent désormais selon des standards établis. Les élèves reçoivent des repas équilibrés composés de produits locaux. En novembre 2025, le gouvernement a réceptionné 244 tonnes de denrées alimentaires destinées aux écoles. Parmi ces provisions figuraient 22 tonnes d’anchois fumés et 222 tonnes de farine de maïs enrichie, produites par des entreprises locales. Cette démarche allie deux objectifs en un même geste. Elle nourrit les enfants tout en renforçant les chaînes d’approvisionnement agricoles nationales.
L’impact du repas scolaire s’observe au-delà de la nutrition. Les études documentent que les élèves nourris manquent moins les cours. L’assiduité s’améliore. La concentration en classe devient meilleure. L’apprentissage s’opère dans de meilleures conditions, simplement parce que l’estomac n’est pas vide. Pour les régions rurales où l’insécurité alimentaire affecte de nombreuses familles, cette certitude d’un repas quotidien constitue un facteur stabilisant.
La région centrale n’est pas isolée dans cette dynamique. Le programme national de cantines scolaires s’étend progressivement dans toutes les régions du Togo. La région des Savanes, au nord, enregistre le taux de croissance le plus élevé avec 67 215 bénéficiaires en 2025, contre 56 651 l’année précédente. La région de la Kara compte 34 893 élèves nourris. La région Maritime en couvre 21 712. Ces chiffres régionaux aboutissent à un total national où environ 210 000 enfants reçoivent régulièrement un repas à l’école.
L’édification d’un tel système suppose des conditions organisationnelles rigoureuses. Plus de 3 300 femmes ont été formées à la préparation des repas et à l’hygiène alimentaire. Ces « mamans cantines » constituent l’épine dorsale du dispositif. Ce sont elles qui, chaque jour d’école, préparent les aliments, gèrent l’hygiène, servent les portions. Leur travail requiert une diligence constante et une connaissance des bonnes pratiques sanitaires.
L’infrastructure soutenant les cantines s’étoffe également. La région centrale bénéficie de jardins scolaires qui produisent une partie des légumes consommés par les élèves. Ces jardins servent une double fonction. Ils fournissent des aliments frais et diversifiés. Ils représentent aussi un outil pédagogique permettant aux élèves d’apprendre l’agriculture pratique.
Le financement de ce programme provient de sources multiples. L’État togolais en constitue le pilier. Le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies apporte un soutien technique et financier. Des organisations de la société civile interviennent en complément. L’Allemagne a récemment accordé un soutien de 11 millions d’euros pour renforcer l’alimentation scolaire dans les régions de la Kara et des Savanes. Cette convergence de ressources publiques et internationales témoigne de la reconnaissance de l’importance de l’alimentation scolaire.
Le contexte démographique donnerait à croire que le défi ne cesse de s’agrandir. Avec une croissance annuelle de 2,3 pour cent, la population togolaise augmente chaque année. Or, dans ce contexte, l’expansion des cantines scolaires montre que le système réussit à progresser plus vite que la croissance démographique. Cette capacité à élargir la couverture tout en maintenant la qualité des repas illustre une détermination institutionnelle.
Les objectifs fixés amplifient cette ambition. Le gouvernement a annoncé son intention d’atteindre 300 000 enfants bénéficiaires en 2025. Pour la région centrale, cela signifie une trajectoire ascendante pour les années à venir.
Au-delà des chiffres et des statistiques, le repas servi à l’école incarne un message. Il dit à l’enfant que son éducation compte. Il dit à la famille que l’État s’intéresse à ses enfants. Pour les régions où l’accès à l’école reste limité par les contraintes économiques, ce message peut à lui seul faire la différence entre un enfant qui abandonne ses études et un enfant qui persévère.
