Soixante-quatorze forages raccordés au réseau de la Société Togolaise des Eaux (TdE) produisent chaque jour environ 12000 mètres cubes d’eau à Kara, soit quatre-vingts pour cent de ce que le barrage de Kozah livrait avant la crise hydrique. Le Directeur Général Yawanké Waké Gbati a constaté cette récupération remarquable lors d’une visite d’inspection menée les 28 et 29 mai 2026. Le plan initial prévoyait deux chantiers parallèles : réhabiliter cinquante pompes à motricité humaine dans les zones semi-urbaines et implanter cent cinquante nouveaux forages à Kara, Niamtougou et Pagouda.

À fin mai, le bilan détaillé révèle des réalités mitigées. Sur les cinquante anciennes pompes visées, vingt-deux ont été récupérées et raccordées. Des cent cinquante nouveaux forages réalisés, soixante-neuf possèdent un débit satisfaisant dont quarante-trois sont déjà raccordés et vingt-six attendent une connexion. Quarante-quatre forages n’offrent qu’un débit insuffisant et trente-sept se sont avérés inutilisables. Pour raccorder les vingt-six forages restants, il a fallu poser presque quinze kilomètres de conduite d’adduction traversant une géographie accidentée.

Quatre obstacles majeurs freinent l’accomplissement des ambitions. D’abord l’électricité, les forages n’étant pas raccordés au réseau de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET). Ensuite les fournitures, avec des ruptures de stock en équipements hydrauliques et matériaux de raccordement. S’ajoute un problème financier que les gestionnaires doivent arbitrer soigneusement. Plus grave encore, le vandalisme délibéré a endommagé cinq forages, révélant une opposition humaine directe aux efforts de reconstruction. Le directeur général a fermement condamné ces actes et fixé une deadline du 15 juin 2026 pour raccorder les vingt-six forages restants.

Entre les défis de Kara et les solutions alternatives, la région explore plusieurs voies. À Bassar et Dankpen, quatre postes d’eau autonomes alimentés par énergie solaire fonctionnent parfaitement depuis 2024 grâce à un financement belge. L’énergie solaire contourne la dépendance aux réseaux fragiles de la CEET et trois autres postes identiques opèrent dans les régions Maritime et des Plateaux. Cette approche constitue une stratégie d’accès durable permettant aux forages raccordés d’assurer le volume tandis que l’énergie solaire offre l’autonomie dans les zones périphériques.
