Une enveloppe de 395 millions d’euros mobilisée. Un dialogue de gouvernance renforcé. Trois axes stratégiques alignés jusqu’en 2028. Ces chiffres et orientations marquent le renouvellement du pacte de solidarité entre la France et le Togo, scellé lors du Comité local de développement (CLD) tenu le 5 juin à Lomé. Cette instance de concertation réunit régulièrement les acteurs français et togolais autour d’objectifs communs en matière d’investissements solidaires et durables.
L’équipe France au Togo a mobilisé plus de 395 millions d’euros au cours de la période récente via l’Agence Française de Développement (AFD). Ce montant considérable s’est concrétisé en résultats mesurables sur le terrain. Plus de 552 000 personnes ont bénéficié d’un accès amélioré à l’eau potable. L’électrification a rejoint 125 000 habitants. Quarante-neuf centres de formation technique et professionnelle ont connu une modernisation complète. Au-delà des agglomérations urbaines, les zones rurales n’ont pas été délaissées, avec plus de 600 kilomètres de pistes construites ou restaurées, favorisant ainsi plus de 500 000 producteurs agricoles.
Ces investissements infrastructurels s’accompagnent d’une transformation dans le secteur éducatif. La création de l’École polytechnique du Togo symbolise l’ambition conjointe de doter le pays de formations d’excellence. Quatre-vingt-quinze étudiants togolais bénéficient chaque année des bourses du gouvernement français. Le dispositif Études en France, qui oriente les candidats vers les universités françaises, a enregistré plus de 8 200 demandes en 2025. Deux nouveaux espaces Campus France ont été inaugurés à Lomé et Kara, accélérant ainsi le conseil et l’accompagnement à la mobilité académique. Plus largement, l’enseignement français homologué a explosé ses effectifs, passant de 857 élèves il y a quatre années à plus de 2 500 aujourd’hui, soit un triplement en quatre ans.
Le volet culturel et social enrichit cette palette d’interventions. Les industries créatives et culturelles ont touché 17 000 spectateurs. Trois cent cinquante personnes ont reçu une formation dans ces domaines. Vingt-quatre résidences artistiques ont bénéficié d’un accompagnement structuré. Dans le domaine sportif, treize organisations de la société civile ont été soutenues, favorisant ainsi près de 5 000 jeunes. La région des Savanes, souvent marginalisée dans les dynamiques de développement, a capté 8 millions d’euros de financements humanitaires entre 2024 et 2025.
Sur le plan institutionnel, la France a appuyé la création de l’Agence nationale de formation des collectivités territoriales (ANFCT), dispositif clé pour la décentralisation togolaise. Cette agence revêt une importance particulière dans un processus de fond visant à renforcer la gouvernance locale et la capacité des élus territoriaux à piloter leurs collectivités. Un nouveau programme de partenariat intitulé « Coopération dans le domaine de la gouvernance territoriale » vient d’ailleurs d’être lancé pour 2025-2027, doté de 620 millions de francs CFA.
Pour la période 2026-2028, le CLD a arrêté trois orientations structurantes. La première concerne le soutien à une croissance inclusive et créatrice d’emplois, reconnaissant que la prospérité durable repose sur une création dynamique d’opportunités professionnelles. La deuxième priorité vise le renforcement de l’accès à des infrastructures et services essentiels de qualité, sachant que l’eau, l’électricité et la santé constituent les fondations du développement social. La troisième orientation porte sur la consolidation de la gouvernance, du respect des droits humains et de la cohésion sociale, éléments qui sous-tendent une stabilité politique propice aux investissements.
Deux dimensions transversales chapeautent ces trois axes. La première est la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, reconnaissant que le développement inclusif passe par l’émancipation de chacune et de chacun. La seconde concerne un appui renforcé à la région des Savanes, envisagé sous l’angle de la résilience territoriale et du développement équilibré.
L’AFD, qui œuvre au Togo depuis 1957, dispose désormais d’une gouvernance renforcée avec la nomination de Benjamin Neumann à la tête du bureau depuis août 2025. Selon les indications publiques, le volume annuel moyen de nouveaux engagements de l’agence se situe autour de 40 millions d’euros, essentiellement en prêts concessionnels dirigés vers l’eau et l’assainissement, l’agriculture et l’énergie.
Cette réaffirmation du partenariat intervient dans un contexte où le Togo élargit son socle de partenariats financiers. Le pays finalise actuellement une nouvelle Feuille de route gouvernementale 2026-2031, document qui structurera les priorités nationales pour les cinq prochaines années. La France reste le deuxième partenaire du Togo en matière d’aide au développement, une position qui reflète la confiance durable et l’enracinement des relations bilatérales.
Le CLD constitue le cadre privilégié où ces connexions s’articulent. Instance de dialogue entre les différentes composantes de l’équipe France et les partenaires togolais, ce comité permet une cohérence entre les actions menées par l’AFD, le Service de coopération et d’action culturelle (SCAC), les organismes de recherche comme l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), et les acteurs de la société civile française implantés au Togo.
Le renouvellement de ces orientations démontre que, loin de s’essouffler, le partenariat France-Togo cherche à s’adapter aux défis contemporains du développement africain. Il repose sur une compréhension mutuelle que le progrès social et économique durable exige des investissements prolongés, une gouvernance concertée et une attention particulière aux populations les plus vulnérables.
