L’Afrique peut-elle faire émerger des plateformes aériennes capables de rivaliser avec les grands carrefours mondiaux du transport aérien ? La question sera au cœur de nombreuses discussions lors de la Convention et Exposition Africaines du Transport Aérien 2026 prévue du 15 au 19 juin.
Depuis plusieurs années, plusieurs capitales africaines développent des stratégies ambitieuses pour attirer davantage de compagnies, de passagers et de flux commerciaux. Addis-Abeba, Casablanca, Johannesburg, Kigali et Lomé figurent parmi les villes qui cherchent à renforcer leur position dans un secteur considéré comme un levier de croissance économique et d’intégration continentale.
D’abord, Addis-Abeba bénéficie de l’expansion continue d’Ethiopian Airlines. La compagnie éthiopienne dispose aujourd’hui du réseau le plus étendu du continent et relie l’Afrique à de nombreuses destinations en Europe, en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique du Nord. Cette dynamique a permis à la capitale éthiopienne de devenir un point de transit privilégié pour les voyageurs africains.
De son côté, Casablanca s’appuie sur sa proximité avec l’Europe et sur le développement de Royal Air Maroc. Le hub marocain joue un rôle de passerelle entre l’Afrique, le continent européen et les Amériques. Cette position géographique lui confère un avantage dans les échanges commerciaux et les déplacements internationaux.
Johannesburg conserve également une place importante dans le paysage aérien africain. L’Afrique du Sud dispose d’infrastructures aéroportuaires développées ainsi que d’un marché intérieur parmi les plus importants du continent. Malgré les évolutions du secteur, la métropole sud-africaine demeure un point de connexion recherché pour l’Afrique australe.
Parallèlement, Kigali poursuit une stratégie fondée sur la modernisation de ses infrastructures et le développement de RwandAir. Le Rwanda mise sur la qualité des services, la fluidité des procédures et l’attractivité de son environnement économique afin de renforcer sa présence dans le transport aérien africain.
Au milieu de cette compétition, Lomé affiche aussi des arguments solides. Située sur le golfe de Guinée, la capitale togolaise occupe une position géographique favorable entre l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et les marchés internationaux. Son aéroport international Gnassingbé Eyadema a connu plusieurs phases de modernisation au cours de la dernière décennie, avec l’extension de ses capacités d’accueil et le renforcement de ses équipements.
La compagnie Asky Airlines, basée à Lomé, contribue également à cette dynamique. Son réseau dessert de nombreuses destinations africaines et participe à l’amélioration de la connectivité régionale. Cette présence permet à la capitale togolaise de consolider progressivement son rôle dans les échanges aériens du continent.
Toutefois, la réussite d’un hub ne dépend pas uniquement des infrastructures. Les experts soulignent l’importance de la connectivité régionale, de la compétitivité des coûts, de la sécurité, de la fluidité réglementaire et de la coopération entre les États. C’est précisément l’un des objectifs du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA), lancé par l’Union africaine dans le cadre de l’Agenda 2063 afin de faciliter la circulation des personnes et des biens sur le continent.
La Convention et Exposition Africaines du Transport Aérien 2026, organisée par la Commission africaine de l’aviation civile (CAFAC) en partenariat avec la Commission de l’Union africaine (CUA), consacrera plusieurs séances à ces enjeux. Le thème retenu, « Un ciel africain unique : connectivité et développement durable du transport aérien », reflète la volonté de renforcer les liaisons intra-africaines et de soutenir la transformation du secteur.
Durant cinq jours, décideurs publics, compagnies aériennes, gestionnaires d’aéroports, investisseurs et experts examineront les solutions susceptibles d’améliorer les connexions entre les pays africains, de réduire les coûts du transport aérien et de mobiliser les financements nécessaires aux infrastructures.
Au-delà de la concurrence entre plateformes, une même ambition rassemble les acteurs du secteur. Celle de construire un réseau aérien africain plus intégré, capable d’accompagner les échanges commerciaux, le tourisme, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et les objectifs de développement économique du continent.
