Le coût du transport aérien en Afrique a occupé une place centrale lors des échanges de la Convention et Exposition africaines du transport aérien organisée par la Commission africaine de l’aviation civile (CAFAC). Réunis autour des enjeux liés à l’accessibilité financière, les participants ont examiné plusieurs pistes destinées à rendre les déplacements aériens plus abordables sur le continent.
Au cours du panel consacré à cette question, la représentante du ministre de l’Économie et des Finances, Mme Akou Mawusse Adétou Afidenyigba, a présenté l’analyse du Togo sur les facteurs qui influencent le prix des billets d’avion. Elle a rappelé qu’il demeure souvent plus coûteux de voyager entre deux villes africaines que d’effectuer certains trajets vers d’autres continents.
Selon elle, cette situation s’explique en partie par l’accumulation de taxes, de redevances et de diverses charges intégrées dans le tarif final payé par les voyageurs. Toutefois, elle a estimé que le débat ne devait pas opposer les besoins budgétaires des États aux exigences de compétitivité du secteur aérien.
« Une fiscalité trop élevée peut freiner la demande, réduire le trafic, affaiblir les compagnies et limiter les retombées économiques globales pour les États », a-t-elle déclaré devant les participants.
Ainsi, le Togo plaide pour une approche plus équilibrée. L’idée défendue consiste à considérer la baisse du coût du transport aérien comme un investissement susceptible de stimuler les échanges économiques, le tourisme, les affaires et les déplacements professionnels à l’échelle du continent.
Cette réflexion rejoint d’ailleurs les objectifs du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA), porté par l’Union africaine. Ce programme vise notamment à améliorer la connectivité entre les pays africains, à favoriser la concurrence et à faciliter la circulation des personnes et des biens. Les acteurs du secteur estiment qu’une meilleure accessibilité du transport aérien peut contribuer à renforcer l’intégration économique africaine.
Dans cette dynamique, la Convention de la CAFAC réunit à Lomé plusieurs centaines de décideurs, experts, compagnies aériennes, autorités de l’aviation civile et investisseurs autour des défis liés à l’avenir du ciel africain. Les discussions portent aussi bien sur les infrastructures que sur les mécanismes financiers, la réglementation ou encore l’attractivité des marchés nationaux.
Pour la délégation togolaise, l’analyse de la fiscalité aérienne mérite donc d’être envisagée sous un angle plus large. Au-delà des recettes immédiates, elle invite à prendre en compte les effets économiques générés par une mobilité accrue entre les pays africains. Une approche qui place la connectivité au cœur des leviers susceptibles d’accompagner la transformation du transport aérien sur le continent.
