La préservation des ressources halieutiques reste au cœur des priorités des autorités togolaises. À l’approche de la période de repos biologique, les professionnels du secteur ont été sensibilisés au respect de cette mesure destinée à favoriser la reproduction des espèces et à restaurer progressivement les stocks de poissons dans les eaux du Golfe de Guinée.
Cette campagne de sensibilisation intervient alors que le poisson occupe une place essentielle dans l’alimentation des ménages et constitue une source de revenus pour des milliers de familles. Face à une demande nationale qui dépasse largement les capacités de production locales, les pouvoirs publics privilégient une gestion durable des ressources marines afin de préserver l’activité sur le long terme.
Le repos biologique consiste à suspendre temporairement les activités de pêche afin de permettre aux espèces aquatiques de se reproduire dans de meilleures conditions. « C’est la période au cours de laquelle de jeunes poissons naissent. Nous ne devons pas perturber leur évolution afin de repeupler la mer », a expliqué Ali Domitani, directeur de la production halieutique.
Cette démarche répond à plusieurs défis auxquels la filière est confrontée. La pression exercée sur les ressources marines, les pratiques de pêche illicite, l’utilisation d’équipements non conformes, les effets du changement climatique ainsi que la dégradation des écosystèmes réduisent progressivement la disponibilité des ressources halieutiques.
Selon Lombo Yao, conseiller technique au ministère chargé des Ressources halieutiques, « plusieurs facteurs expliquent ce déficit de production nationale. Il s’agit notamment de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, de la surpêche, de l’usage d’engins destructeurs, du changement climatique, de la perte de biodiversité, de la pollution et de la dégradation des habitats marins ».
Les données nationales illustrent l’ampleur du défi. Les besoins annuels du pays dépassent 100 000 tonnes de produits halieutiques, tandis que la production locale couvre généralement entre 30 et 40 % de cette demande. Les prévisions tablent sur une production proche de 34 000 tonnes en 2026, après 36 251 tonnes enregistrées en 2025.
Parallèlement aux mesures de protection des ressources, le gouvernement poursuit ses efforts pour renforcer la production nationale. Un programme quinquennal de développement de la filière poisson a été élaboré avec une enveloppe estimée à près de 20 milliards de francs CFA. Le projet prévoit notamment le développement de l’aquaculture, le soutien à la recherche halieutique ainsi qu’un meilleur accompagnement des acteurs de la chaîne de valeur.
Le secteur demeure un pilier de l’économie nationale. Il emploie directement plus de 22 000 personnes et contribue à environ 4,5 % du produit intérieur brut. La pêche artisanale assure à elle seule l’essentiel des captures réalisées dans le pays, avec une part comprise entre 70 et 80 % de la production nationale.
En renforçant le respect du repos biologique et en préparant de nouveaux investissements, le Togo poursuit ainsi son objectif de consolider la filière halieutique, d’améliorer la disponibilité du poisson sur le marché national et de préserver durablement les ressources marines dont dépendent de nombreuses communautés côtières.
