Les femmes actives dans le commerce transfrontalier à petite échelle disposent désormais d’un espace d’échanges consacré à leurs réalités et à leurs perspectives. Depuis le 18 juin, la Quinzaine régionale du commerce transfrontalier féminin de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) rassemble à Lomé des commerçantes, des représentants d’institutions financières, des administrations publiques ainsi que plusieurs partenaires du développement venus de la sous-région.
Portée par le Centre de la CEDEAO pour le développement du genre (CCDG), la rencontre se déroule jusqu’au 29 juin autour d’un objectif précis. Il s’agit de faire le point sur les actions conduites ces dernières années en faveur des femmes commerçantes et de recueillir les préoccupations qui demeurent sur les différents corridors commerciaux ouest-africains. Les expériences menées sur les axes Tema-Ouagadougou, Dakar-Banjul-Bissau et Abidjan-Lagos figurent notamment au cœur des échanges.

Au fil des années, les femmes ont pris une place importante dans la circulation des produits agricoles, halieutiques et artisanaux au sein de l’espace communautaire. Pourtant, elles restent confrontées à des difficultés liées à l’accès au financement, à la connaissance des textes commerciaux ou encore aux procédures frontalières. Plusieurs programmes régionaux ont ainsi été lancés pour renforcer leurs capacités et faciliter leurs activités économiques.
Cette quinzaine met également l’accent sur la diffusion des instruments communautaires. Des sessions de formation, des rencontres professionnelles et une exposition commerciale permettent aux participantes de mieux maîtriser les mécanismes de la CEDEAO ainsi que les opportunités liées à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, a rappelé la contribution des femmes au dynamisme économique régional. « Elle contribue de façon significative à la vitalité économique et au développement socio-économique de notre espace communautaire », a-t-il déclaré.
Poursuivant son intervention, il a insisté sur le rôle des échanges transfrontaliers dans le rapprochement des économies ouest-africaines. « Les frontières de notre région ne doivent plus être des barrières, mais des leviers de développement, d’intégration et de prospérité partagée », a-t-il affirmé.
Au-delà des discussions, les participants ambitionnent de dégager des pistes d’action concrètes pour les années à venir. Les administrations douanières, les organisations féminines, les institutions financières et les partenaires techniques sont appelés à partager leurs analyses afin d’améliorer les conditions de travail des commerçantes et de favoriser une meilleure circulation des biens dans l’espace communautaire.
Par ailleurs, le choix de Lomé pour accueillir cette rencontre illustre l’attractivité croissante de la capitale togolaise pour les rendez-vous régionaux consacrés au commerce, à l’entrepreneuriat féminin et à l’intégration économique ouest-africaine. Ces derniers mois, plusieurs rencontres dédiées aux femmes entrepreneures et au commerce régional y ont été organisées, renforçant son rôle de carrefour de dialogue entre les acteurs économiques de la sous-région.
