Les perspectives économiques restent bien orientées pour le Togo. Réuni en session ordinaire, le Conseil National du Crédit (CNC) a dressé un état des lieux marqué par la solidité de plusieurs indicateurs macroéconomiques, tout en mettant l’accent sur les défis liés au financement de certains secteurs productifs.
Les travaux ont permis d’examiner l’évolution de l’économie nationale dans un environnement international encore exposé aux répercussions des tensions géopolitiques. Malgré ces aléas, les prévisions demeurent encourageantes. La croissance économique est désormais estimée à 6,3 % pour 2026, après 6,1 % en 2025.
Présidant la rencontre au nom du ministre de l’Économie et des Finances, le vice-président du Conseil, Badanam Patoki, a salué l’arrivée du nouveau directeur national de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Ekoué Djro Glokpor, dont l’expérience a été mise en avant au cours des échanges.
Les données présentées au Conseil traduisent une stabilité appréciable de plusieurs fondamentaux. L’inflation est restée limitée à 0,7 % à fin avril 2026, bien en dessous de la norme communautaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Dans le même temps, le niveau de la dette publique a poursuivi son recul pour s’établir à 61 % du produit intérieur brut (PIB), loin du plafond communautaire fixé à 70 %.
Par ailleurs, les membres du Conseil ont relevé la contribution croissante de la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA) et du Port autonome de Lomé aux performances économiques du pays. Ces deux pôles renforcent progressivement les activités de transformation industrielle, de logistique et de commerce régional. Leur développement participe à la diversification de l’économie et à la création de nouvelles chaînes de valeur.
Autre évolution remarquée, la modernisation des services financiers gagne du terrain. Presque l’ensemble des établissements bancaires disposent désormais de solutions numériques destinées à faciliter les opérations à distance. Cette dynamique est renforcée par l’intégration progressive du système régional de paiement instantané mis en place par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Les résultats se traduisent par une progression de l’utilisation des services bancaires. Le taux de bancarisation élargie est passé de 30,1 % à 32,2 % en un an. Une hausse qui reflète l’adoption croissante des outils financiers numériques par les populations et les entreprises.
Dans le même élan, le coût du crédit poursuit sa baisse. Le taux moyen appliqué par les banques s’est établi à 7,5 % au premier trimestre 2026. L’épargne bancaire et les activités de microfinance ont également enregistré une évolution favorable, confirmant le renforcement progressif de l’intermédiation financière.
Toutefois, les échanges ont mis en lumière certaines disparités dans l’accès au financement. L’agriculture ne représente encore que 1,5 % des concours bancaires, tandis que le secteur de l’habitat capte seulement 1,1 % des crédits accordés. Face à cette situation, le Conseil a invité les banques à accroître leur soutien aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), ainsi qu’aux filières agricoles et industrielles, en s’appuyant davantage sur les mécanismes de garantie disponibles.
Les membres du CNC ont également examiné la question des créances en souffrance, dont le taux atteint 13,4 %. Les établissements concernés sont appelés à renforcer les dispositifs de recouvrement et de restructuration afin d’améliorer la qualité de leurs portefeuilles de crédit au cours des prochaines années.
Enfin, le Conseil a étudié un programme destiné à accélérer la digitalisation des paiements. Ce chantier est considéré comme un levier important pour élargir l’accès aux services financiers, fluidifier les transactions et soutenir l’activité économique sur l’ensemble du territoire.
