La lutte contre la pollution atmosphérique gagne en précision. Réunis le 18 juin, experts, institutions publiques, chercheurs et partenaires techniques ont examiné les résultats d’une étude consacrée aux effets sanitaires, climatiques et économiques de la pollution de l’air dans le Grand Lomé et la région Maritime.
Ce document, élaboré dans le cadre du Projet Qualité de l’Air au Togo (PQAT), constitue un outil d’aide à la décision pour les pouvoirs publics. Son objectif est de fournir des données fiables afin de mieux orienter les actions destinées à préserver la santé des populations et à améliorer le cadre de vie.
Les constats présentés rappellent l’ampleur du défi. Des travaux récents indiquent qu’entre 2019 et 2021, près de 1,4 million de personnes ont été exposées à des niveaux de pollution largement supérieurs aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Durant cette période, les infections respiratoires figuraient parmi les premiers motifs de consultation dans le Grand Lomé.
L’étude met également en évidence plusieurs sources de dégradation de la qualité de l’air. Le trafic routier, l’utilisation du bois et du charbon pour la cuisson, le brûlage des déchets à ciel ouvert ainsi que certaines activités industrielles figurent parmi les facteurs les plus souvent relevés.
Face à cette situation, le Togo a engagé depuis 2025 une démarche structurée avec le lancement du Projet Qualité de l’Air au Togo (PQAT). Doté d’un budget de 4 milliards de FCFA sur cinq ans, ce programme prévoit notamment le déploiement progressif de stations de mesure dans 11 villes couvrant 23 communes. Les équipements permettront de suivre en temps réel plusieurs polluants atmosphériques et de disposer d’informations plus précises sur leur évolution.
« Grâce au PQAT, nous pourrons anticiper les risques liés à la pollution, mieux planifier nos villes et disposer de données fiables sur la qualité de l’air », avait expliqué Adadji Koffi Efanam, directeur général de l’Agence nationale de gestion de l’environnement (ANGE), lors du lancement du projet.
Par ailleurs, les efforts engagés se sont renforcés en mai dernier avec la validation des premières normes nationales sur la qualité de l’air. Ce référentiel fixe désormais les paramètres de surveillance des principaux polluants et fournit un cadre technique destiné à harmoniser les pratiques de contrôle sur l’ensemble du territoire.
À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la santé estime que la pollution de l’air est liée à environ 6,7 millions de décès prématurés chaque année. Cette réalité conforte l’intérêt des dispositifs de surveillance et de prévention mis en place dans plusieurs pays.
Désormais, les données issues de l’étude examinée à Lomé devraient contribuer à affiner les politiques publiques en faveur de transports moins polluants, d’une meilleure gestion des déchets, du développement des énergies renouvelables et de solutions de cuisson plus propres. Autant de leviers destinés à réduire l’exposition des populations aux polluants atmosphériques tout en soutenant les engagements environnementaux du pays.
