Le 1er juillet 2026, la Banque mondiale a prononcé un jugement qui change la trajectoire du Togo. Seul parmi 218 économies analysées cette année-là, le pays s’est élevé de la catégorie des pays à faible revenu vers celle des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Ce reclassement résulte d’années de réformes structurelles menées sous le pilotage du Président du Conseil, Faure Éssozimna Gnassingbé.
Deux facteurs ont concouru à ce changement. Le premier est une croissance économique soutenue de 5,9 %, portée par les services et le port de Lomé, dépassant la moyenne subsaharienne. Le second est un ajustement démographique provenant du Recensement de 2022, qui a montré que le Togo comptait 11,7 % d’habitants de moins que l’estimait la Banque mondiale. En divisant la même richesse par une population moins nombreuse, le revenu par habitant grimpe mécaniquement.
Or, cette élévation repose sur des fondations très concrètes. Depuis 2020, le Président du Conseil a engagé des réformes touchant aux nerfs vitaux de l’économie. La stabilité des finances publiques s’est consolidée. La dette publique est redescendue à 65 % du PIB, le FMI a approuvé trois revues de la Facilité élargie de crédit, et le Togo a été reclassé en « forte capacité d’endettement ». En avril 2026, une loi sur la concurrence a modernisé le cadre juridique national. Les réformes foncières (Pro-REFPA) ont sécurisé 2 645 hectares et réglé des conflits agraires. L’inclusion financière s’est élevée à 89,04 % en 2024, plaçant le Togo au second rang de l’UEMOA. En mai 2026, la création de l’École polytechnique de Lomé et l’exemption de visa pour les Africains ont renforcé l’attractivité du pays.
Le reclassement signifie que les investisseurs perçoivent le Togo comme un risque décroissant. Un pays à revenu intermédiaire inspire plus de confiance aux marchés financiers, réduisant le coût des emprunts futurs. Le Togo reste éligible aux guichets concessionnels de la Banque mondiale et peut désormais combiner ces ressources avec des emprunts aux conditions de marché.
Cependant, ce succès pose une exigence implicite. Les économistes avertissent des dangers de la « trappe à revenu intermédiaire ». Le Togo doit donc accélérer. Après son message de vœux de nouvel an, en juin 2026, le Président du Conseil a lancé à Djamdè un séminaire gouvernemental pour définir sa nouvelle stratégie fondée sur trois axes pour 2026-2031.
« Protéger » vise à préserver la sécurité et renforcer la résilience du Togo. « Rassembler » cherche à intégrer tous les citoyens dans la trajectoire de développement à travers l’inclusion financière, l’accès foncier et la création d’emplois. « Transformer » entend rendre l’économie togolaise plus compétitive par l’industrialisation, l’agriculture à haute valeur ajoutée, le tourisme et les énergies renouvelables.
Le gouvernement ambitionne de doubler le niveau de vie d’ici 2040 et de réduire la pauvreté sous les 15 %. L’objectif pour 2027 consiste à ramener le déficit budgétaire à 3 % du PIB. À court terme, le reclassement ne crée pas d’emplois immédiatement, mais change la perception des investisseurs. À moyen terme, un coût d’emprunt plus bas, plus d’investissements privés et une meilleure formation pourraient accélérer la croissance à 7-8 %.
La trajectoire n’est pas garantie. Elle dépend de la poursuite des réformes et de la stabilité politique. Reconnaître les réformes du Président du Conseil à ce stade revient donc à souligner que les fondations sont solides. La croissance est réelle, la stabilité macroéconomique est acquisée, les structures d’inclusivité se mettent progressivement en place.
Le reclassement par la Banque mondiale n’est pas une fin en soi. C’est une étape importante, une validation des choix passés et un tremplin pour les ambitions futures. Le Togo s’est doté des outils pour passer du revenu intermédiaire inférieur au revenu intermédiaire supérieur, puis espérons-le, vers le statut de pays à revenu élevé. Tout dépendra de la capacité des générations actuelles à transformer cette vitrine statistique en améliorations tangibles pour chaque Togolais.
